Plus de 300 personnes qui campaient devant la mairie du 18e arrondissement de Paris ont rejoint des hébergements d’urgence ce jeudi. Mais une centaine de personnes serait encore dehors.
«339 personnes en famille et 5 hommes isolés ont été prises en charge et orientées vers des hébergements d’urgence franciliens», a indiqué la préfecture d’Ile-de-France ce jeudi 25 juillet. Ils campaient devant la mairie du 18e arrondissement de la capitale depuis deux nuits, afin de réclamer un toit.
Les familles, principalement des migrants, réclamaient une mise à l'abri à la veille de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, accompagnées par des bénévoles de l'association Utopia 56. «Ce sont des gens que l’État a essayé d’orienter en région depuis des mois, mais qui refusent parce qu’ils ont une vie à Paris, des enfants scolarisés, des démarches administratives (…)», a expliqué Yann Manzy, membre fondateur de l’association. Selon Utopia 56, encore une centaine de personnes seraient encore dehors.
«Comme sur toutes les évacuations, il y a des gens qui se sont rajoutés au dernier moment, ils n’ont pas voulu les prendre (…) il y a aussi des familles qui ne sont pas montées, car les maris étaient partis travailler», a-t-il ajouté. Plusieurs familles dormiront donc sur place un soir de plus, mais les «bébés les plus vulnérables» seront hébergés chez des particuliers.
Des expulsions «nettement accélérées» depuis septembre
Selon la préfecture d’Ile-de-France, «toutes les personnes présentes sur le parvis de la mairie du 18e arrondissement se sont vues proposer une solution d’hébergement». Utopia 56 a cependant déploré des évacuations de squats et la fermeture de «milliers de places» d’hébergement.
Pour le collectif Le Revers de la médaille, qui a récemment dénoncé «le sprint final du nettoyage social» avant les JO, «les expulsions de campements de rue de personnes exilées ont été nettement accélérées depuis septembre 2023». Léa Filoche, adjointe à la Mairie de Paris en charge des solidarités, de l’hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés, dénonce, quant à elle, des situations récurrentes pendant l’été en raison d’un manque de bénévoles pour proposer des hébergements.
![Cette expulsion fait suite à un arrêté préfectoral pris ce mardi. [Miguel MEDINA / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_34j49z2_65fab711ef4de_0.jpg?itok=_kLdi36F)