A quelques jours de la rentrée scolaire, 2.043 enfants sont actuellement sans domicile selon le dernier baromètre de l’Unicef publié ce jeudi 29 août. Un chiffre en augmentation de 3% comparé à 2023 et de 120% depuis 2020.
Un drame silencieux à l’aube de la rentrée scolaire. Dans la nuit du 19 au 20 août, plusieurs centaines de familles dont des enfants de moins de trois ans, sont restées sans solution d’hébergement après avoir appelé le 115, a alerté l’Unicef ce jeudi dans son dernier baromètre «Enfants à la rue» consulté par CNEWS.
Quelques jours avant la rentrée scolaire, au moins 2.043 enfants sont ainsi restés sans solution d’hébergement après avoir sollicité le 115. Un chiffre en constante augmentation (+3% par rapport à l’année dernière et +120% par rapport à 2020) «malgré l’engagement pris par les gouvernements successifs de "ne plus avoir aucun enfant à la rue"», déplore l’Unicef.
Une situation alarmante, qui s’explique également par le nombre de personnes en familles représentant une part importante et croissante de la population en demandes non pourvues (DNP). Parmi les 6.473 personnes en DNP la nuit du 19 au 20 août 2024, 3.843 étaient des personnes en familles, soit 59%.
«Une promesse non tenue»
Le nombre de personnes en familles DNP a augmenté ces dernières années (+3% par rapport à août 2023 et +23% par rapport à août 2022). «L’augmentation alarmante des demandes non satisfaites, par rapport à l’an passé, illustre un échec systématique des politiques de l’hébergement et du logement», a déploré l’Unicef.
Concernant les personnes en familles, 31% étaient des femmes seules avec enfants, ce qui représente 1.174 personnes. Leur nombre a augmenté de 31% entre août 2020 et août 2024. «Ces données confirment les différents travaux montrant une surexposition des mères isolées à la pauvreté et à l’exclusion liée au logement», poursuit le baromètre. Plus des trois quarts (77%) des personnes en familles en demandes non pourvues avaient dormi dans la rue la veille de leur demande au 115.
A noter que le sytème d'hébergement en France étant tellement saturé, un système de tri a dû être mis en place. «Il est impératif que les nouvelles autorités prennent des mesures structurelles car le coût de l’inaction est et sera bien plus élevé que les économies que l’on pense réaliser avec des choix budgétaires court-termistes. La lutte contre le sans-abrisme est avant tout une question de volonté politique», a estimé l’Unicef.
«Nous exhortons le nouveau gouvernement et les parlementaires récemment élus à assumer leurs responsabilités et à aborder, avec détermination et lucidité, la crise du logement et ses conséquences sur les enfants. Prioritairement, il y a urgence à augmenter le nombre de places d’hébergement et à mettre en place une politique durable pour le logement abordable, afin de garantir des conditions de vie dignes à tous les enfants et les parents», a-t-il conclu.
![«Plus de deux millions d’enfants ont été touchés par la crise et ont désespérément besoin d’une aide humanitaire», a alerté l'Unicef. [BOUREIMA HAMA / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_dc7uu-taille1200_64e368f7d352c.jpg?itok=-ENtaxO6)