L’appel d’Emmanuel Macron à former un gouvernement «d’intérêt général» a ravivé des tensions à gauche entre La France insoumise et le Parti socialiste. Les deux formations politiques semblent en profond désaccord sur la stratégie à adopter dans les prochaines semaines.
Le Nouveau Front populaire traverse une nouvelle zone de turbulence. Après être parvenue à censurer le gouvernement de Michel Barnier, l’alliance de gauche nourrit désormais des désaccords quant à la suite de la stratégie à adopter.
Une mésentente qui est née d’une sortie d’Olivier Faure en réaction aux propos d’Emmanuel Macron. Le Premier secrétaire du Parti socialiste a été réceptif au souhait émis par le chef de l’État, lors de son allocution, de former «un gouvernement d’intérêt général représentant toutes les forces politiques d'un arc républicain».
A l’aube de son entretien avec le président de la République, Olivier Faure s’est dit ouvert à des discussions avec le bloc central et les Républicains. Mais a aussi réclamé un «Premier ministre de gauche» et «un changement de cap» politique.
Une volonté de faire «un pas» perçu comme une trahison par les cadres de La France insoumise, à commencer par son leader. Jean-Luc Mélenchon a fustigé la décision d’Olivier Faure d’aller discuter avec le chef de l’État.
«LFI n'a donné aucun mandat à Olivier Faure, ni pour aller seul à cette rencontre, ni pour négocier un accord et faire des 'concessions réciproques' à Macron et LR», a-t-il déclaré sur X.
LFI n'a donné aucun mandat à Olivier Faure, ni pour aller seul à cette rencontre, ni pour négocier un accord et faire des « concessions réciproques » à Macron et LR. Rien de ce qu'il dit ou fait n'est en notre nom ou en celui du NFP.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) December 6, 2024
Une charge à laquelle le patron du PS a immédiatement répondu tout aussi fermement. «Je ne reçois pas de mandat de lui, je parle au nom des socialistes, au nom de l’intérêt du pays et pour tenter de sortir du blocage institutionnel», a-t-il déclaré à la sortie de son rendez-vous avec Emmanuel Macron.
Le non catégorique de La France insoumise
Si le Parti socialiste s’est dit ouvert à discuter avec le bloc central, tout en réfutant toute alliance avec «le macronisme», La France insoumise a, de son côté, refusé tout dialogue avec le chef de l’Etat.
En effet, LFI a annoncé vendredi soir qu'elle refusait de se rendre lundi à l'Elysée pour des consultations avec le président Emmanuel Macron en vue de la nomination d'un nouveau Premier ministre et d'un nouveau gouvernement.
«Nous sommes prêts à gouverner sur le programme pour lequel nous avons été élus», a écrit le coordinateur national de LFI Manuel Bompard dans un communiqué, ajoutant qu'«aucune discussion autre que la nomination d'un gouvernement du Nouveau Front Populaire ne saurait avoir lieu avec le chef de l’État».
J’ai été contacté par l’Elysée en vue d’un rendez-vous ce lundi pour participer à des négociations gouvernementales avec la droite. J’ai rappelé notre position.
— Manuel Bompard (@mbompard) December 6, 2024
Nous n’acceptons pas le coup de force du Président de la République qui a refusé de reconnaître le résultat des… pic.twitter.com/rr8ffSOZrS
Si les désaccords stratégiques entre les socialistes et les Insoumis ont ravivé des tensions exprimées publiquement par les cadres des deux forces politiques, les écologistes et les communistes ont, quant à eux, accepté d’échanger avec Emmanuel Macron ce lundi.
![Laurent Wauquiez rejette tout travail commun avec La France insoumise. [REUTERS/Sarah Meyssonnier]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/0wauquiez-2-taille1200_6754184b6cf21_0.jpg?itok=BfaxMfC_)