Afin de pallier la disparition d’un ministère consacré à l’enfance, Emmanuel Macron a annoncé la création d’un haut-commissariat à l’enfance dès janvier.
Alors que la question de l’enfance figure parmi les grands absents des ministères du nouveau gouvernement, Emmanuel Macron a annoncé ce samedi la mise en place d’un haut-commissariat à l’enfance au mois de janvier.
«La protection des plus jeunes est au cœur de mon engagement. Elle le restera pour les trente prochains mois» a déclaré sur X le Président de la République ce samedi 28 décembre.
Jusqu’à la censure du gouvernement de Michel Barnier, la question de l’enfance était aux mains d’Agnès Canayer, ministre déléguée chargée de la Famille et de la Petite enfance, qui n’a pas été reconduite dans le gouvernement de François Bayrou.
La protection des plus jeunes est au cœur de mon engagement. Elle le restera pour les trente prochains mois. Pour poursuivre et renforcer notre action, j’ai demandé pour janvier la création d’un haut-commissariat à l’Enfance.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) December 28, 2024
Stabilité et autonomie face aux crises politiques
Cette disparition de la protection de l’enfance des attributions ministérielles a été déplorée par les associations. «Seule la création d’un ministère de l’enfance, avec une place centrale au sein du gouvernement et des moyens humains et financiers [spécifiques], pourra asseoir une politique interministérielle en faveur des enfants et des jeunes qui soit transversale, cohérente et intégrée», a affirmé dans un communiqué Dynamique pour les droits des enfants, coordinatrice d’une vingtaine d’associations et collectifs de protection de l’enfance.
Par la création, en janvier, d’un haut-commissariat à l’enfance, un palliatif semble avoir été trouvé. Ce poste, s’il est administratif et non pas gouvernemental, permettra l’externalisation de cette mission, une pérennité face à l’instabilité politique, comme l’a souligné Le Figaro en dévoilant le projet du Président de la République.
Attribuer la protection de l’enfance à un haut-commissaire administratif est également un moyen d’envisager cette question à travers une approche globale traitée par une politique interministérielle et des consultations des différents pouvoirs publics. L’abandon d’une politique jugée trop cloisonnée a été, dans l’ensemble, apprécié par les associations.
une marge de manœuvre en question
«Pour que ce haut-commissariat puisse avoir un impact réel, il devra disposer des moyens humains et financiers nécessaires, être pleinement autonome et s'inscrire dans une dynamique interministérielle ambitieuse. À défaut, il risque de n'être qu'une mesure cosmétique», a toutefois souligné Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France.
Des doutes ont déjà émergé quant à l’efficacité de ce haut-commissariat à l’enfance. «Le degré d’influence et de liberté d’action de précédents hauts-commissariats a parfois été limité», a relevé Martine Brousse, présidente de l’association La Voix de l’enfant, dont le propos a été relayé par Franceinfo.
Plusieurs obstacles à la capacité des hauts-commissaires ont en effet été soulevés, ceux-ci ne siégeant par exemple pas en Conseil des ministres et ne disposant que de peu de visibilité. Toutefois, l’étendue de ses prérogatives et de son budget n’est pas encore connue, tout comme la personnalité à qui le poste sera confié. Ces précisions pourraient être apportées après le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement qui devrait se tenir le 3 janvier.