Touché par une grave crise économique, le secteur immobilier craint pour son avenir. La Fédération française du bâtiment (FFB) estime même que 100.000 emplois sont directement menacés.
Des vagues de licenciements en prévision. Depuis 2023, un net ralentissement (30%) des constructions de logements s’est fait sentir en France. Une situation telle, qu’elle a plongé le secteur dans une grave crise économique qui menace de très nombreux emplois.
Selon une étude de BPCE l'Observatoire, 14.740 entreprises ont fait défaut en 2024, ce qui menace plus de 45.000 emplois. La Fédération française du bâtiment (FFB) est plus pessimiste et estime à 100.000 le nombre d'emplois qui pourraient disparaître en 2025 si la crise se poursuit.
Des licenciements en vague
Premiers à souffrir de ce coup d'arrêt, provoqué par l'envolée des coûts de construction et des taux d'emprunt, les promoteurs et constructeurs de maisons individuelles ont vu leurs rangs se clairsemer : 1.554 ont été en situation de cessation de paiements en 2024 d'après BPCE l'Observatoire.
Le marché des maisons individuelles a été «divisé par deux en deux ans, donc mécaniquement des entreprises disparaissent», a souligné Sylvain Massonneau, vice-président chargé de la maison individuelle au pôle habitat de la FFB, qui a réduit de 25% les effectifs de sa société.
«On n'a pas de permis de construire, plus de client, donc pas de nouveau programme qui sort», a expliqué un promoteur francilien sous couvert d’anonymat par crainte de perdre les rares clients et partenaires restants.
Au cours des six derniers mois, il a déjà dû licencier la moitié de ses 20 salariés. Néanmoins, ceux restant et travaillant encore «sur ce qui est en cours de construction», ne sont pas pour autant saufs. «Il n'y a rien à commercialiser, donc quand tout sera livré, on licencie tout le monde et on passe à autre chose», a-t-il confié.
Le secteur du bâtiment impacté dans son ensemble
Les promoteurs immobiliers ne sont pas les seuls à souffrir de la crise économique. En effet, cette dernière touche aussi les architectes qui voient leur activité et leurs projets suspendus.
Mais en première ligne se retrouvent les entreprises de gros œuvre qui sont les premières à intervenir sur un chantier. «On voit moins d'appels d'offres et notre volume d'activité a commencé à baisser, d'environ 15% pour le logement», a rapporté Christophe Possémé, président de la branche maçonnerie et gros œuvre de la FFB.
Côté emploi intérimaire, le nombre de travailleurs dans le bâtiment, calculé en équivalent temps-plein, a connu des baisses de 5% à 10% selon les mois en 2024, et même -12,1% en mai, d'après les chiffres de Prism'emploi, la fédération du secteur.
L'année 2025 s'annonce pire pour le bâtiment, un secteur «très long à s'arrêter et tout aussi long à reprendre», a rappellé Christophe Possémé.