Présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), Claire Fourcade lutte depuis le début de sa carrière pour le développement des soins palliatifs en France, et contre l'euthanasie qu’elle ne considère pas comme un soin.
«J’aime mieux dire que j’aide à vivre jusqu’à la mort», déclarait Claire Fourcade dans La Grande interview de Sonia Mabrouk diffusée sur CNEWS et Europe 1 le 22 janvier dernier. Alors que François Bayrou souhaite scinder en deux le projet de loi sur la fin de vie, entre soins palliatifs et aide active à mourir, la présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), s’est montrée favorable à ce projet.
«Il faut nommer ce dont il est question dans les débats : l'euthanasie, c'est la mort donnée par un tiers qui, dans tous les pays qui l'ont légalisé, est un soignant», a-t-elle expliqué. «Et le suicide assisté, c'est la société qui donne à une personne les moyens de mettre fin à ses jours. Et je crois que c'est important d'utiliser les mots», a-t-elle insisté.
«L'euthanasie n'est pas un soin»
Ainsi, selon Claire Fourcade, «l'euthanasie, n'est pas un soin. Elle vient interrompre le soin, elle vient couper le soin. Or, le soin, c'est notre métier», et le débat s’articule autour d’une incompréhension de cet acte médical. «La jonction des deux sujets (soins palliatifs et aide active à mourir, Ndlr) freine le développement des soins palliatifs» en France, expliquait donc la professionnelle de santé au magazine La Vie.
«Égérie anti-euthanasie», «vigie des “soins de vie”», sont les termes utilisés par les médias pour qualifier Claire Fourcade, dont la vocation pour devenir médecin a démarré dès son plus jeune âge. «Quand j'étais toute petite, j'ai été hospitalisée pendant une semaine dans une clinique assez loin de chez mes parents et du coup j'ai été toute seule», s’est-elle souvenue dans un entretien accordé à l’émission catholique de France 2, Le Jour du Seigneur.
Plusieurs distinctions
«J'ai suivi les religieuses qui s'occupaient de la clinique, ça m'a beaucoup plu, j'ai aimé faire avec elles le tour des chambres et dès ce moment-là, je n’ai jamais rien voulu faire d'autre», a-t-elle poursuivi. C’est à l’âge de 27 ans, après des études de médecine à l'université de Montpellier qu’elle a prêté serment, avec une thèse sur les soins palliatifs, un intérêt qu’elle a découvert lors d’un stage dans un centre pour les patients atteints de cancer.
Après une formation en soins palliatifs à Montréal pendant deux ans, la médecin a commencé à exercer à Narbonne en tant qu’urgentiste pendant sept ans, avant de fonder une équipe de soins palliatifs à la Clinique des Genêts de la commune, située à plus d’une heure de Montpellier où elle réside encore avec son mari, professeur d’histoire contemporaine à la fac.
Mère de cinq enfants, qu’elle a adopté avec son époux aux quatre coins du monde, Claire Fourcade a été faite Chevalière de la Légion d’honneur en 2021 et obtenu un an plus tard, le prix de l’Académie catholique de France.