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«C'est terrifiant» : l'essor des fausses chirurgiennes sur les réseaux sociaux inquiète l'Ordre des médecins

En 2024, 128 actes chirurgicaux et médicaux illégaux à visée esthétique ont été recensés. [Youssef Labib / PEXEL]

Après le scandale des injections illégales, les professionnels de santé s’inquiètent de la recrudescence de fausses chirurgiennes esthétiques qui proposent leurs services sur les réseaux sociaux, au risque d’entraîner de graves complications chez leurs patientes. 

Lipoaspiration du cou, du ventre ou des fesses, des opérations lourdes et minutieuses, autrefois réservée aux stars et aux personnes fortunées, mais à présent accessibles en seulement quelques clics sur Instagram ou TikTok

Ces opérations esthétiques, qui doivent être réalisées par des médecins, sont promues principalement par des femmes, se faisant passer pour des professionnelles. «C’est terrifiant», a déclaré Jean-Baptiste Andreoletti, secrétaire général adjoint du syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE), à l'AFP.  

D’après l’Ordre des médecins, les actes médicaux et chirurgicaux illégaux à visée esthétique connaissent une inquiétante croissance en France. 128 ont été recensés en 2024, contre 123 en 2023 et seulement 62 en 2022. 

Un business extrêmement dangereux 

Ce qui attire la clientèle, ce sont des prix imbattables et des vidéos avant/après impressionnantes, un écran de fumée qui cache bien des risques. 

«Sur les vidéos, on les voit ouvrir, aspirer la graisse via une canule et refermer, en prenant énormément de risques», poursuit le secrétaire général, en précisant que ce manque de précaution pouvait provoquer des infections, des transmissions de virus et des nécroses des tissus, dues à l’absence de stérilisation du matériel. 

Pour tenter de freiner le phénomène des injections clandestines, les pouvoirs publics ont déjà réglementés la vente par les pharmaciens des dispositifs à base d’acide hyaluronique injectable, en exigeant la prescription médicale. 

Jusqu’ici, plusieurs affaires d’injections illégales sont allées en justice. Rien qu’en janvier 2025, l’Ordre des médecins est en préparation de huit saisines du procureur pour exercice illégal de la médecine. Jean-Baptiste Andreoletti insiste : «Il faut être conscient qu’on a affaire à des arnaqueurs professionnels. Ils ne pensent pas aux victimes, leur seul but est de faire de l’argent».

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