Sept ans après la mort de six collégiens dans la collision entre un car scolaire et un TER à Millas (Pyrénées-Orientales), la cour d'appel d'Aix-en-Provence a rendu sa décision ce vendredi sur la responsabilité de la conductrice du bus, la condamnant à cinq ans de prison dont deux ans ferme.
C'est l'heure de vérité pour la conductrice du car scolaire heurté par un train à Millas (Pyrénées-Orientales) en 2017, les familles des six collégiens tués dans l’accident et les jeunes rescapés de la catastrophe.
La cour d'appel a rendu sa décision ce vendredi sur Nadine Oliveira, contre laquelle le parquet a réclamé deux ans de prison ferme. La jeune conductrice a finalement été condamnée à 5 ans de prison dont deux ferme, soit une peine plus lourde qu'en première instance lorsqu'elle avait été condamnée à cinq ans de prison dont un ferme.
Lors de ses réquisitions, l'avocat général avait réclamé contre Nadine Oliveira une peine plus sévère que celle de première instance, soit cinq ans de prison dont deux ans ferme, assortie d'une annulation de tous ses permis de conduire, d'une interdiction de les repasser pendant cinq ans et enfin d'une interdiction d'exercer toute activité dans le secteur des transports.
Ce second procès avait été sollicité par la prévenue, âgée de 55 ans, après sa condamnation en première instance à cinq ans de prison dont un an ferme, en novembre 2022, pour homicides et blessures involontaires. Nadine Oliveira avait de nouveau plaidé la relaxe.
6 morts et 17 blessés
Nadine Oliveira avait eu un malaise dès le troisième jour du procès en appel, juste après avoir écouté des témoignages d'adolescents présents dans le car accidenté. Elle avait ensuite été hospitalisée et avait manqué le reste des débats. Selon l'un de ses conseils, Me Jean Codognès, elle souffrirait d'un «syndrome du coeur brisé». Sa présence vendredi est suspendue à une décision médicale : «Elle a envie d'y être, sauf si un certificat médical le contre-indiquait», a expliqué son avocat.
Depuis le début de l'enquête, Nadine Oliveira soutient que les barrières du passage à niveau de Millas étaient levées lorsqu'elle s'est engagée avec son car, violemment percuté par un TER ce 14 décembre 2017, tuant six enfants et blessant 17 autres collégiens, dont huit grièvement. «J'ai fait appel parce que les barrières étaient levées», avait-elle redit au début du second procès.
Une version largement démentie par de nombreux témoins. Des automobilistes situés en face, de l'autre côté du passage, avaient ainsi vu le car «pousser la barrière, comme on ouvre une porte». De même une des collégiennes assises tout à l'avant du car a décrit que le véhicule avait «tapé les barrières». Cette passagère, qui avait 13 ans au moment des faits, a perdu une jambe dans le drame.
Les victimes attendent des excuses
Au début du procès en appel, l'attitude de la conductrice, inflexible sur sa version des faits et qui n'a jamais prononcé d'excuses pour l'accident qu'elle est accusée d'avoir provoqué, avait causé l'énervement de certaines victimes, comme Enzo, qui avait lancé : «Elle a détruit des vies, (...) des excuses, ça serait tellement mieux».
À la suite de la condamnation de la conductrice, beaucoup espèrent maintenant que celle-ci n'ira pas en cassation. «Elle est assez épuisée» par ce parcours judiciaire, a indiqué à ce stade son avocat.