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«Ça permettrait de déstabiliser le narcotrafic» : Eric Piolle maintient sa volonté de légaliser le cannabis après l'attaque à la grenade à Grenoble

Le maire écologiste de Grenoble est favorable à la légalisation encadrée du cannabis. [OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP]

Depuis plusieurs mois, Grenoble est confronté à de nombreux faits de violences liés au trafic de drogue. Si le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a prôné une politique sécuritaire plus ferme lors de son déplacement en Isère, le maire Eric Piolle souhaite remettre sur la table le débat de la légalisation encadrée du cannabis. 

Le narcotrafic, un fléau qui ronge l’Isère. Ce vendredi, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s'est rendu à Grenoble pour y rencontrer Eric Piolle, le maire écologiste de Grenoble. Un déplacement qui intervient deux jours après qu'une grenade a été lancée dans un bar associatif situé dans le quartier du Village olympique.

Après la visite du responsable des affaires intérieures, l'édile a «réaffirmé que la ville de Grenoble tenait pleinement sa place dans le continuum de la sécurité», plaidant en outre pour «une légalisation du cannabis qui permettrait de déstabiliser le narcotrafic». 

«Evidemment, toujours rien sur la légalisation encadrée du cannabis, qui serait pourtant une arme majeure à brandir face au narcotrafic. Il faut pourtant un véritable débat sur le sujet, comme l’ont fait certains états américains, le Canada et dernièrement l’Allemagne», a-t-il insisté au micro de Franceinfo.

Un laxisme souligné 

Accusé de mener une politique laxiste, le maire grenoblois est sous le feu des critiques depuis un certain temps. En effet, l’élu écologiste campe sur ses positions, notamment sur son refus de développer la vidéosurveillance ou même d’armer la police municipale. 

Quant à son combat en faveur de la légalisation encadrée du cannabis, celui-ci est loin de faire l’unanimité auprès de la sphère politique.

Sa voisine Amandine Demore, maire communiste d’Echirolles, a une tout autre vision des choses. Vendredi, elle a interpellé le ministre de l’Intérieur sur la nécessité de la création d’un commissariat de police de plein exercice dans sa ville, ainsi que sur l’importance des crédits accordés au dispositif Bataillon de la prévention.

Pour rappel, Echirolles est la première ville d'Isère à avoir déployé des caméras de vidéosurveillance, et sa police est armée depuis sa création en 1970.

Deux visions qui s’entrechoquent : Eric Piolle déplore un «relâchement sur les fondamentaux de la gauche», tandis qu’Amandine Demore estime qu’assumer des mesures fortes sur la prévention de la délinquance est une manière de se démarquer efficacement de la droite.

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