Certains tueurs en série français ont sévi, uniquement ou en partie, dans la capitale. Voici les quatre qui ont le plus marqué la mémoire des Parisiens, au XXe siècle.
François Vérove, alias le «Grêlé»
Sa véritable identité est restée un mystère pendant près de 35 ans. Né en 1962 à Gravelines (Nord), François Vérove a intégré la Gendarmerie nationale comme cavalier au sein de la Garde républicaine entre 1983 et 1988. C'est à Paris, où il vit, qu'il a commis la majorité de ses crimes.
Le 7 avril 1986, il a ainsi entraîné une enfant âgée de 8 ans dans le sous-sol d'un immeuble situé dans le 13e arrondissement de Paris, où il la viole avant de l'étrangler avec une cordelette, sans la tuer. Moins d'un mois plus tard, le 5 mai 1986, il a agressé, violé, puis tué Cécile Bloch, 11 ans au moment des faits.

Des témoins, qui l'avaient croisé dans l'ascenseur le matin du meurtre, ont décrit aux enquêteurs un jeune homme à la peau irrégulière. La presse l'a alors qualifié du «tueur au visage grêlé». François Vérove a ensuite tué deux personnes majeures dans un appartement situé dans le Marais le 28 avril 1987 et violé une collégienne de 14 ans dans le 14e arrondissement le 27 octobre 1987.
Le 19 juin 1994, le «Grêlé» a commis son dernier crime connu en enlevant une enfant de 11 ans à Mitry-Mory (Seine-et-Marne) avant de la violer à Saclay (Essonne). En 2021, la juge d'instruction Nathalie Turquey, en charge du dossier depuis décembre 2014, a demandé la convocation de 750 gendarmes présents en Ile-de-France au moment des faits, dont François Vérove, afin d'effectuer une campagne de test.
Le «Grêlé» s'est alors donné la mort au Grau-du-Roi (Hérault) le 29 septembre de la même année après avoir appris sa convocation. Grâce à son ADN, les policiers ont réussi à retracer son parcours criminel et enquêtent toujours sur une dizaine d'agressions à Paris qui remontent aux années 1980.
Guy Georges, «le tueur de l'est parisien»
Guy Rampillon, de son nom de naissance, a terrorisé la capitale dans les années 1980 et 1990. Arrivé à Paris en 1981 après une jeunesse marquée par des actes violents, il a passé la plupart de son temps dans des squats de la capitale.
Son parcours criminel a débuté le 16 novembre de cette année-là, après le viol et la tentative de meurtre d'une jeune femme âgée de 18 ans. Après un séjour de 5 mois à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), il a agressé sexuellement une autre femme dans un parking souterrain du 16e arrondissement le 30 mai 1982.
Condamné à 30 mois de prison ferme, il a été libéré par anticipation le 27 février 1984 pour bonne conduite. Le soir même, Guy George a violé et tenté d'assassiner Pascale Nix. Il est condamné à 10 ans de réclusion criminelle après cet acte.
4️⃣ Guy Georges – “Le Tueur de l’Est parisien”
Agressait et tuait des jeunes femmes entre 1991 et 1997. Il a été condamné à perpétuité en 2001. pic.twitter.com/ncPGDxvRcS— Tramway Boomin (@RyukzerV2) February 13, 2025
À sa sortie de prison, il a alors enchaîné les crimes violents et les incarcérations de courte durée. Entre 1991 et 1997, celui qui est surnommé par la presse «le tueur de l'est parisien» et parfois «l'ogre de la Bastille» a assassiné sept femmes, dont plusieurs ont subi des viols ou des agressions sexuelles.
Il a finalement été interpellé le 26 mars 1998 et incarcéré à la prison de la Santé. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans le 5 avril 2001, il purge sa peine à la maison centrale d'Ensisheim.
Marcel Petiot, «le docteur»
Marcel Petiot est arrivé à Paris en 1933, à l'âge de 36 ans, alors qu'il a déjà été poursuivi par la justice pour plusieurs délits (fausses déclarations à l'assurance-maladie, détournements de fonds, vols). Son cabinet médical, situé 66 rue de Caumartin, dans le 9e arrondissement, a rencontré un vif succès après une intense campagne de publicité.
Arrêté en 1936 après avoir commis un vol à la librairie Gibert Joseph dans le Quartier latin, la justice l'a déclaré «aliéné mental» et il a été interné à la maison de santé d'Ivry pendant 7 mois, avant d'être libéré le 20 février 1937.
À partir de 1942, il a attiré de nombreuses personnes craignant la répression nazie dans son hôtel particulier du 21 rue Le Sueur, dans le 16e arrondissement, leur promettant un voyage clandestin vers la liberté en Amérique du Sud. Suspecté par les Allemands d'appartenir à un réseau de la Résistance, il a été arrêté et torturé pendant huit mois à la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne). Mais il a été relâché le 13 janvier 1944, faute de preuve.

Le 11 mars 1944, la police est intervenue à son domicile, alertée par des voisins qui se plaignaient d'importants dégagements de fumées et d'une odeur pestilentielle. Les enquêteurs ont alors découvert les restes de 27 cadavres ainsi que de nombreuses valises. Arrêté le 31 octobre 1944 après avoir fui, son jugement, qualifié «d’un des plus grands procès de l’histoire criminelle» par Le Figaro, a débuté le 18 mars 1946.
Marcel Petiot est alors surnommé «Docteur Satan» ou le «Barbe bleu des temps modernes» par la presse. Après une longue délibération, il a été condamné à mort le 4 avril 1946 pour l'assassinat de 24 des 27 victimes retrouvées chez lui et a été guillotiné le 25 mai 1946 à la prison de la Santé.
Thierry Paulin, «le tueur de vieilles dames»
Thierry Paulin est âgé de seulement 21 ans lorsqu'il s'est installé à Paris pour la première fois avec son jeune amant de 18 ans, Jean-Thierry Mathurin. Toxicomanes, les deux hommes ont mené une vie décousue. Du 5 octobre au 12 novembre 1984, ils ont agressé et tué sauvagement huit femmes âgées vivant dans le 18e arrondissement avant de leur voler bijoux et argent.
Après un passage à Toulouse, les deux complices se sont séparés et Thierry Paulin est revenu seul à Paris. Entre le 20 décembre 1985 et le 14 juin 1986, il a assassiné et détroussé à leurs domiciles huit autres femmes âgées. La police n'est pas parvenue à l'identifier, mais ses empreintes ont permis de le relier à sa première série de meurtre en 1984.

Il est arrêté le 5 août 1986 après avoir agressé un dealer qui lui fournissait de la cocaïne. Libéré le 1er septembre 1987, il a commis deux autres meurtres les 25 et 27 novembre de cette année-là avant d'organiser d'immenses fêtes à l'aide de l'argent volé à ses victimes.
Interpellé le 1er décembre 1987 dans le 10e arrondissement de Paris, Thierry Paulin, surnommé «le tueur de vieilles dames» ou «le monstre de Montmartre», a avoué le meurtre de 21 personnes en garde à vue, avant de dénoncer son complice Jean-Thierry Mathurin. Le 4 décembre, le premier a été inculpé pour avoir commis 18 assassinats et le second pour les huit meurtres perpétrés en 1984.
Le 16 avril 1989, Thierry Paulin s'est éteint à l'âge de 25 ans à l'hôpital Bichat des suites du VIH avant la tenue de son procès. Jean-Thierry Mathurin, condamné à la perpétuité en 1991, a bénéficié d'un régime de semi-liberté en 2009 et a été totalement libéré en 2012.