La crise diplomatique entre la France et l’Algérie place la Grande mosquée de Paris dans une situation inconfortable en raison de ses liens avec Alger. De fait, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau ne devrait pas assister à la rupture du jeûne du ramadan ce mardi.
Une brouille diplomatique qui complique certaines interactions. Ce mardi, la Grande mosquée de Paris organise son quatrième «iftar des ambassadeurs».
Si Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, est annoncé à ce repas de rupture de jeûne du ramadan, Bruno Retailleau ne semble pas figurer sur la liste. Une absence qui n’est en aucun cas liée à sa fonction. En effet, le précédent ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin répondait, lui, à l’invitation depuis 2022.
Des liens avec l’Algérie
Inaugurée en 1926, la Grande mosquée bénéficie depuis le début des années 1980 d'un financement annuel de l'État algérien d'environ 2 millions d'euros.
En janvier, l'institution a été accusée d'avoir organisé, avec l'appui des autorités algériennes, un très rentable système monopolistique de certification halal pour les produits européens destinés à l'Algérie.
Un lien avec Alger compliqué à assumer, alors que le pays traverse une crise diplomatique avec la France, en lien avec son refus de reprendre certains de ses ressortissants sous OQTF et l’emprisonnement de Boualem Sansal.
Dans ce conflit diplomatique, Bruno Retailleau a décidé d’adopter une stratégie de fermeté. Le locataire de Beauvau, amenant un volet migratoire à cette crise, a insisté sur la nécessité d’engager un bras-de-fer avec Alger, évoquant l’hypothèse de revenir sur les accords de 1968. Une solution que ne souhaite pas Emmanuel Macron.