Le gel du point d’indice des fonctionnaires en 2025 ainsi que le non-versement de la GIPA, une prime de pouvoir d'achat, sont désormais entérinés par le gouvernement au grand désarroi des syndicats.
Une nouvelle année blanche. Comme en 2024, les agents de la Fonction publique ne percevront pas de hausse générale des salaires en 2025, et ne bénéficieront pas non plus de la GIPA, la prime de pouvoir d’achat censée compenser l’inflation. Une décision motivée par la situation des finances publiques, alors que les syndicats réclamaient des «mesures d’urgence» concernant les salaires, le logement, ou encore les conditions de travail.
Les organisations syndicales ont été reçues mardi au ministère de la Fonction publique pour une réunion censée définir l’agenda social pour l’année à venir. Au terme d’âpres négociations, où la question de la rémunération des agents et de la politique salariale était notamment à l'ordre du jour, le ministre Laurent Marcangeli a confirmé le gel du point d’indice pour 2025 et la décision du gouvernement de ne pas revaloriser les rémunérations.
Les syndicats réclament des nouvelles négociations
Dans une lettre ouverte diffusée en amont de la rencontre, les huit organisations représentatives avaient annoncé qu'elles «refusent que 2025 soit une nouvelle année blanche pour la Fonction publique». «La priorité c'est la question des rémunérations» avec l'ouverture d'une négociation sur les salaires, a souligné Sylviane Brousse, responsable de la CGT Fonction publique après la réunion. «On nous a fait comprendre que 2025 serait une année blanche et que ça ne sera pas mieux en 2026», a-t-elle déploré.
La CFDT Fonction publique a également demandé l'ouverture d'une nouvelle négociation sur les salaires et sur les conditions et la qualité de vie au travail. Des «mesures d'urgence» sont nécessaires, a plaidé la secrétaire générale de Solidaires Fonction publique, Gaëlle Martinez, qui a rappelé les revendications de l'organisation : notamment l'ouverture d'une négociation salariale, la revalorisation du point d'indice et son indexation sur l'inflation.
«On ne peut pas accepter qu'il ne se passe rien en 2025», a abondé le secrétaire général de l'Unsa Fonction publique, Luc Farré, soulignant également la revendication de son organisation de voir inscrit à l'agenda social l'enjeu de l'attractivité de la fonction publique.
Une approche «sur le long terme»
«La porte à une négociation salariale n'a pas été fermée», mais «dépendra de plusieurs facteurs, son ciblage et sa portée, la préparation d'ensemble du budget 2026 et son cadrage», a indiqué le ministère, qui a notamment rappelé que la garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA) coûtait «entre 800 et 900 millions d’euros chaque année».
Pendant la réunion, «le directeur de cabinet du ministre a insisté sur la nécessité d'introduire dans les travaux une approche de plus long terme (fonction publique 2025 et logique pluriannuelle), et de travailler à la transformation des métiers par l'IA», a précisé la même source. L'accès au logement des fonctionnaires a également été évoqué après qu'un rapport parlementaire mi-avril a déploré une situation «insoutenable» pour les agents.
Un agenda social «tenant compte des échanges» doit être transmis aux organisations syndicales «sous dix jours», a promis le ministère.