En mars 2015, le crash volontaire du Airbus A320 de Germanwings dans les Alpes avait fait 150 victimes. Un événement tragique qui a obligé les autorités chargées de la sécurité aérienne a réformé certaines réglementations.
Un drame qui a changé le monde de l’aviation. Il y a dix ans, un copilote de la compagnie Germanwings prenait le contrôle de l’avion A320 avec à son bord 144 passagers et cinq membres d’équipage. 40 minutes après son décollage, Andreas Lubitz, le copilote, fait s’écraser l’engin dans une montagne des Alpes-de-Haute-Provence.
A la suite de cette tragédie, l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) a mis en place des changements majeurs dans les réglementations aériennes pour éviter qu’un tel événement ne se reproduise. Des réformes appuyées sur les recommandations du Bureau d’enquête et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA), chargé d’établir un rapport sur l'affaire.
Aucun membre de l'équipage ne doit être seul dans le cockpit
Il n’a suffi que de quelques minutes pour que le drame ait lieu. Et cela ne serait peut-être pas arrivé si le copilote ne s’était pas retrouvé seul dans le cockpit, aux commandes de l’avion. Comme les enquêteurs ont pu le découvrir en retraçant les derniers instants avant le crash, le commandant de bord a quitté son poste pour vraisemblablement aller aux toilettes. Et c’est ce qui a permis à son copilote de s’enfermer et de prendre le contrôle de l’avion.
Pour éviter qu’une telle chose arrive de nouveau, l’AESA préconise à toutes les compagnies que deux membres d’équipage, dont «au moins un pilote qualifié», soient présents dans le cockpit.
Un suivi et un soutien psychologique amélioré
Très vite dans leurs investigations, les enquêteurs apprennent que le copilote était atteint de troubles psychiatriques et qu’il y aurait eu des manquements sur son suivi médical. C’est pourquoi en 2018, la Commission européenne a exigé aux compagnies aériennes de mettre en place une évaluation plus approfondie de la santé mentale du personnel.
Sous la forme d’un programme de soutien psychologique, cette évaluation doit être réalisée plus fréquemment auprès des membres d’équipage.
Le secret médical peut être brisé pour des raisons de sécurité
En se rendant dans son appartement, les enquêteurs ont pu mettre la main sur des médicaments en lien avec les troubles psychiatriques du copilote. Des arrêts pour incapacité de travail auraient également été retrouvés. Étant donné qu'Andreas Lubitz n’avait pas l’obligation de l’informer en raison du secret médical, il était impossible pour la compagnie de l’empêcher de faire partie de l’équipage du vol.
Raison pour laquelle, dès 2015, l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne suggère une révision autour de la confidentialité des dossiers médicaux. Ainsi, l’AESA estime que certains cas peuvent justifier un non-respect du secret médical pour des raisons de sécurité.