Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, a estimé ce vendredi qu’une grâce de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal était envisageable.
«Il a passé six mois en prison. Six mois, c’est trop pour lui. (…) J’espère de tout mon cœur qu’il soit gracié.» Invité sur Sud Radio, ce vendredi, Chems-eddine Hafiz est revenu sur le cas de Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Dar El Beida, près d’Alger.
Algérie : "J'appelle de mes vœux à la grâce de Boualem Sansal, à l'occasion du Ramadan, qui est un moment de pardon. Je pense que le président Tebboune le fera" déclare @chemshafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris pic.twitter.com/nFfsHZ1lCk
— Sud Radio (@SudRadio) March 28, 2025
«Si on fait de la politique-fiction, je pense que le président de la République algérienne va décider de sa grâce», a déclaré le recteur de la Grande Mosquée de Paris, appelant à l’apaisement et rappelant que le Ramadan était «un moment de pardon.»
L’arrestation de Boualem Sansal, le 16 novembre dernier à Alger, a exacerbé les tensions entre l’Algérie et la France. L’écrivain a été accusé d’atteinte à l’intégrité du territoire après avoir repris à son compte, dans le média français Frontières, la position du Maroc selon laquelle d’importantes portions de son territoire auraient été amputées au profit de l’Algérie sous la colonisation française.
Une grâce «tombe sous le sens»
«Je sais ce qu’est la prison. Je sais ce que cela peut être pour un homme, quelle qu’en soit la nature», a ajouté l’ancien avocat, rappelant l’âge avancé de Boualem Sansal (80 ans) ainsi que la maladie de son épouse.
Pour Chems-eddine Hafiz, une grâce présidentielle «tombe sous le sens» à titre humanitaire, bien qu’aucune discussion directe sur ce sujet n’ait eu lieu entre les présidents français et algérien ces dernières heures, selon ses dires.
L’état de santé de Boualem Sansal demeure préoccupant : atteint d’un cancer, son emprisonnement suscite une vive inquiétude bien au-delà de la classe politique française.