L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été condamné ce jeudi à cinq années d’emprisonnement par la justice algérienne pour atteinte à l’intégrité du territoire. Une condamnation qui a fortement fait réagir la France.
Un scandale pour la France. La justice algérienne a condamné l’auteur Boualem Sansal à cinq ans d’emprisonnement ce jeudi 26 mars. La décision a provoqué un tollé parmi la classe politique et les soutiens de l’écrivain franco-algérien de 75 ans.
Premier à réagir à cette condamnation, l’avocat français de l’écrivain, Me François Zimeray, a dénoncé, sur X, «une sentence qui trahit le sens même du mot justice», ajoutant «j’en appelle au président algérien : la justice a failli, qu’au moins l’humanité prévale».
Lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet sur l'Ukraine, Emmanuel Macron a appelé les «plus hautes autorités algériennes» à prendre des décisions «humaines et humanitaires» à l'égard de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal et à «lui redonner sa liberté».
«Je sais pouvoir compter sur, à la fois, le bon sens et l'humanité des autorités algériennes pour prendre une telle décision», a ajouté le président de la République.
L’ancien Premier ministre, Gabriel Attal, a déploré sur X : «Victime depuis 130 jours déjà de l’arbitraire, la parodie de Justice continue et notre compatriote Boualem Sansal a été condamné ce matin à 5 ans de prison. Avec cette condamnation, le régime d’Alger veut faire taire Boualem Sansal pour toujours.»
Victime depuis 130 jours déjà de l’arbitraire, la parodie de Justice continue et notre compatriote Boualem Sansal a été condamné ce matin à 5 ans de prison.
Avec cette condamnation, le régime d’Alger veut faire taire Boualem Sansal pour toujours.
Et à travers ce verdict…— Gabriel Attal (@GabrielAttal) March 27, 2025
«Et à travers ce verdict inique, c’est la liberté qui est condamnée. Ce sont nos valeurs qui sont attaquées. C’est la France qui est visée», a-t-il ajouté.
«Condamnation inique par un régime qui hait la liberté. Par sa vie et son œuvre, notre compatriote Boualem Sansal est l'incarnation du courage. La meilleure manière de lui être fidèle, c'est de sortir de la soumission au régime d'Alger», a de son côté martelé le député Laurent Wauquiez (LR).
La condamnation scandaleuse de Boualem Sansal est en réalité, compte tenu de son âge et de son état de santé, une condamnation à perpétuité. Cela restera une tâche indélébile sur le régime algérien. En réalité Boualem Sansal est un otage du régime algérien qui s’en sert pour…
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) March 27, 2025
Une vision partagée par la présidente du groupe RN à l’Assemblée, Marine Le Pen. «La condamnation scandaleuse de Boualem Sansal est en réalité, compte tenu de son âge et de son état de santé, une condamnation à perpétuité», a-t-elle dénoncé, estimant que l’auteur «est un otage du régime algérien qui s’en sert pour faire plier la France.»
La classe politique exige la libération de Boualem Sansal
«Cette condamnation digne des pires régimes totalitaires est un crime contre la pensée libre», a accusé le député RN, Laurent Jacobelli, qui exige que «le gouvernement doit enfin agir et tout faire pour libérer Boualem Sansal du goulag algérien».
À gauche du spectre politique, la cheffe de file des Insoumis, Mathilde Panot a exigé elle-aussi sa remise en liberté. «Le délit d'opinion ne devrait pas exister. Nous réclamons à nouveau sa libération immédiate. Nos principes ne varient pas : défense des droits fondamentaux et refus de toute instrumentalisation au service de l'extrême droite», a-t-elle écrit sur X.
Nous apprenons la condamnation de Boualem Sansal à 5 ans de prison. Le délit d'opinion ne devrait pas exister. Nous réclamons à nouveau sa libération immédiate.
Nos principes ne varient pas : défense des droits fondamentaux et refus de toute instrumentalisation au service de…— Mathilde Panot (@MathildePanot) March 27, 2025
«Indéfectible soutien à cette plume de la liberté, qui subit les affres d’un pouvoir arbitraire et vivant péniblement la contradiction intellectuelle. Dans son état de santé, il s’agit d’une condamnation à mort», a de son côté écrit sur X la députéé socialiste de Martinique, Béatrice Bellay.
«Honteux... cette condamnation est totalement inacceptable. On ne met pas en prison un écrivain pour ses idées», a ajouté l’ancien insoumis Alexis Corbière. Pour François Ruffin cette condamnation «est une peine contre la liberté d’expression».
Pour rappel, Boualem Sansal a été arrêté le 16 novembre dernier par les autorités algériennes. Il lui était notamment reproché des échanges avec un ancien ambassadeur de France, ainsi qu’avec l’actuel ambassadeur de France.