Face à la multitude de candidats potentiels pour prendre la suite d’Emmanuel Macron en 2027, l’idée d’une primaire de la droite et du centre semble prendre de plus en plus d'ampleur. Une hypothèse saluée par certains, mais vivement rejetée par d’autres.
Le dimanche 6 avril, entre les rassemblements d’une partie de la gauche et du RN, les principales forces du «bloc central» étaient elles aussi réunies. Depuis la Cité du cinéma, à Saint-Denis (93), cette réunion publique a pris des airs de ligne de départ pour la présidentielle de 2027.
A deux ans de la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron, les candidats disposés à prendre la suite du chef de l’État à l’Élysée sont nombreux. Certains sont mêmes officiellement déclarés, à l’image d’Edouard Philippe, président du parti Horizons, qu’il a en partie fondé pour cette échéance.
Au-delà de l’ancien Premier ministre, d’autres figures de la macronie font figures de candidats. Une situation qui nécessiterait une clarification, au risque de ne voir aucun d'eux accéder au second tour. «Il y a des écuries qui se forment, il va falloir les départager, a expliqué le politologue Philippe Moreau-Chevrolet dans un entretien accordé à CNEWS. S’il y a une concurrence de candidats dans le bloc central en 2027, il est très probable qu’il y ait un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise, dont personne ne veut parmi les modérés».
Afin d’éviter ce scénario, certains commencent déjà à alerter sur les risques de partir en ordre dispersé. Dans un entretien accordé au Parisien le 9 février dernier, le ministre de la Justice Gérald Darmanin n’a pas exclu l’hypothèse d’une primaire entre les différents membres du bloc central, n’écartant pas la droite et Les Républicains.
Une idée plus ou moins défendue également par la ministre de l’Éducation nationale Elisabeth Borne, favorable à l’idée d’un rapprochement entre Renaissance et le MoDem de François Bayrou, dans une «union des démocrates».
LR laisse le choix à ses militants
Cet appel au rassemblement par Gérald Darmanin serait cependant au point mort, notamment du côté des Républicains, également conviés.
Alors que le parti est actuellement en campagne pour élire son prochain président, entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, l’idée d’une primaire semble déjà rejetée.
«Peu de monde y est favorable de notre côté, a confié à CNEWS un membre de l’entourage de Bruno Retailleau. S’il y a un vote, ce sera à nos militants de choisir».
Un avis soutenu par Othman Nasrou, directeur de la campagne de Bruno Retailleau. «Ce sont nos militants qui choisiront comment notre candidat à la présidentielle sera désigné. S’ils ne veulent pas de primaire, il n’y aura pas de primaire», martelait-il dans un entretien accordé à CNEWS.
Pas de recul pour Edouard Philippe
Alors que les instituts de sondage s’activent pour 2027, Edouard Philippe fait figure de favori pour le bloc central et accèderait au second tour, dans toutes les configurations, face au Rassemblement national.
Prônant «l’indépendance» et appelant «à un projet clair», le président d’Horizons est bien décidé à se présenter, sans participer à des primaires.
«La primaire n’a pas fait ses preuves, a jugé un proche d’Edouard Philippe contacté par CNEWS. C’est davantage une bataille d’égo qu’une bataille d’idées pour servir les Français. Avec Horizons, il y a une dynamique. Edouard Philippe est capable de porter une vision et un projet capable de faire adhérer le peuple. Nous devrions profiter de cette dynamique», a-t-il jugé.
Quelle place pour Gabriel Attal ?
Dimanche, à Saint-Denis, le président de Renaissance Gabriel Attal a fait face à une foule importante, s’exprimant devant ses sympathisants, sous les cris de «Attal, président».
L’ancien Premier ministre a lancé ce dimanche une opération «deux ans pour la France» pour aboutir à un «projet pour le pays» qui prévoira un «changement profond».
Multipliant les déclarations chocs, s’attaquant au Rassemblement national et réagissant à la condamnation de Marine Le Pen, Gabriel Attal semble, lui aussi, avoir mis le cap sur 2027, sous les yeux de certains alliés du moment, qui pourraient bien devenir ses concurrents demain.
S’il n’est pas officiellement lancé comme Edouard Philippe, les ambitions présidentielles de Gabriel Attal sont de plus en plus évoquées en coulisses. Il reste désormais à savoir, en cas de candidature, si le président du groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale répondra favorablement aux appels de Gérald Darmanin. «Je suis très favorable à une primaire, c’est la meilleure solution», a confié à CNEWS un député EPR, proche de Gabriel Attal.
Des avis divergents, qui semblent partir dans tous les sens, qui pourraient mener à une situation de blocage. «La primaire semble difficilement réalisable en l’état, considère Philippe Moreau-Chevrolet. Si rien n’est décidé, alors les sondages joueront le rôle de primaire».
Dans cette équation, d'autres personnalités influentes dans le bloc central pourraient jouer un rôle. C'est le cas notamment de Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, ou encore de David Lisnard, président du parti Nouvelle Energie, favorable à un rassemblement «le plus large possible».