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«Si on nourrit le pigeon, il nous envahit» : Troyes joue la carte de l’humour pour lutter contre les incivilités, tout en rappelant les fortes amendes des contrevenants

Les pigeons sont dans le viseur de la ville. [©Andov/Adobe]

La ville de Troyes (Aube) se lance dans une large campagne pour lutter contre les incivilités qui pourraient dégrader sa propreté. Entre sensibilisation et fortes sanctions, la commune du LR François Baroin s’implique fortement.

#PrendsSoinDeTroyes. Mégots, déchets sauvages, aide à la proliférations des nuisibles... Dans l’Aube, la ville de Troyes a lancé ce 4 avril la seconde étape d'une large campagne de sensibilisation à la propreté pour lutter contre les petites incivilités du quotidien. 

Dans son communiqué de présentation, la ville a précisé : «Lutte contre les dépôts sauvages, mégots au sol, déjections canines ou encore nuisibles comme les rats : la campagne s’attaque à toutes les formes d’incivilités, avec une approche progressive mêlant dialogue, prévention, et, si nécessaire, des mesures dissuasives.»

Christine Thomas, adjointe au maire en charge de la Transition Écologique, des Espaces paysagers, de la Propreté, du Cadre de vie et de la Protection Animale est à la tête de cette action. Elle a expliqué à CNEWS que la campagne #PrendsSoinDeTroyes était construite comme «un partenariat entre la ville et ses habitants».

«Comme le dirait le responsable de la propreté de Troyes, "une ville propre, c'est une ville qui n'est pas salie" et la coopération, c'est l'esprit global de cette campagne», a-t-elle ajouté. 

«Adopter les bons réflexes»

Si la ville de Troyes a toujours mis la propreté au cœur de son action, Christine Thomas, a rappelé qu'il «en va de la propreté d'une ville comme il en va de la propreté d'un domicile privé. C'est tous les jours que l'on doit remettre l'ouvrage sur la table». 

Avec cette campagne, Troyes poursuit ses actions qui lui ont déjà valu trois étoiles pour le label «Ville Eco-Propre». Ce label, créé en 2016, «récompense les collectivités qui engagent des plans d’action à moyen terme pour améliorer durablement la propreté de leurs espaces publics.»

Troyes a déjà obtenu trois étoiles sur les cinq que l'Association des villes pour la propreté urbaine (AVPU) attribue. La ville pourrait néanmoins en obtenir une quatrième puisque ce palier récompense le développement de l'implication des citoyens dans l'action.  

©Ville de Troyes

Ainsi, ce sont cinq affiches, au ton humoristique, qui vont illustrer la campagne de propreté de Troyes et inviter à «adopter les bons réflexes». Pour mettre en garde contre la prolifération des pigeons, l’affiche annonce donc : «Si on le nourrit, il nous envahit». Le son de cloche est le même pour les rats : «Si vous laissez traîner vos déchets, les rats vont s’inviter».

Toujours dans le registre animalier, Troyes rappelle que «Ramasser, c’est respecter ton quartier», faisant référence aux déjections canines. Pour ce qui est des déchets, la cigarette est visée : «Mettez vos mégots là où il faut», tout comme le tri : «Jetez les déchets au bon endroit».

Jusqu’à 450 euros d’amende

Le ton de la campagne est volontairement fait pour donner à l’usager de se sentir directement concerné. Tout comme le nom de cette dernière, «Prends soin de Troyes», qui est un jeu de mots avec «Prends soin de toi», installant un parallèle entre son bien-être personnel et celui de la ville.

Au-delà de ces petites phrases censées alpaguer les usagers et les sensibiliser, la ville de Troyes a opté pour des mesures dissuasives par le biais de fortes amendes. Ainsi, le fait de ne pas ramasser les déjections de son chien, de jeter un mégot de cigarette au sol et de ne pas jeter les déchets au bon endroit est puni d’une amende de 135 euros.

Ce sont pour les rats et les pigeons que la commune a choisis de se montrer la plus sévère. Ainsi, une personne qui laisserait traîner ses déchets au risque d’attirer les rats ou qui serait prise en train de nourrir des volatiles risque 450 euros d’amende.

À titre de comparaison, la ville de Paris sanctionne de 135 euros le non-ramassage des déjections et de 68 euros le jet de mégots à terre ou le jet de nourriture aux oiseaux. Néanmoins, Christine Thomas y voit également «une façon de sensibiliser de manière plus directe». 

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