La présidente de l'université Lyon 2 est vivement critiquée depuis l’agression du professeur Fabrice Balanche par des étudiants. Une tribune signée par 50 universitaires réclame sa démission, tandis que la région demande une inspection. Le débat agite le monde académique.
La présidente de l’université Lyon 2, Isabelle von Bueltzingsloewen, est sous le feu des critiques après des menaces à l'encontre du professeur Fabrice Balanche par des étudiants militants d’extrême gauche. Dans une tribune publiée dans Le Figaro ce vendredi 18 avril, cinquante universitaires appellent à sa démission.
«Elle a montré sa faiblesse et son désaveu des valeurs qui sont essentielles et qui sont au cœur de la démocratie universitaire comme la liberté académique, la légitimité de l’enseignant, son renom et son prestige», a déclaré Xavier-Laurent Salvador, maître de conférences. «Pour nous, l’institution a fait preuve d’une certaine faiblesse. Et il faut appeler sa démission puisque personne ne le fera», a ajouté l'universitaire.
«La démission de la présidente de l’Université de Lyon 2 est inévitable»
Le soutien au professeur Balanche dépasse le cercle universitaire. Le maire de Bron, commune voisine de Lyon, va encore plus loin dans ses propos. «Oui, je maintiens que la démission de la présidente de l’université de Lyon 2 est inévitable, mais c’est surtout le système gangrené de Lyon 2 qui doit enfin éclater», a écrit ce dernier sur les réseaux sociaux.
La colère est nourrie par les propos tenus par Isabelle von Bueltzingsloewen dans La Tribune de Lyon, où elle a réagi à l’interruption du cours du maître de conférence par les militants du groupe «Autonomes de Lyon 2» il y a deux semaines. «Je ne suis pas étonnée que cette interruption tombe sur ce collègue-ci au vu de ses positionnements sur Gaza», rapportait la présidente de l'université Lyon 2. Ces déclarations ont été perçues par certains comme un désaveu du professeur agressé.
À gauche, toutefois, la présidente peut compter sur des soutiens. Le sénateur écologiste du Rhône, Thomas Dossus, a pris sa défense. «La présidente de l’université n’a fait que rappeler les propos outranciers du professeur Balanche. Si vous avez du mal avec les faits à ce point, on ne peut pas grand-chose pour vous», a déclaré le sénateur. Face à la tension croissante, la région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé qu’elle demandait une mission d’inspection à l’université Lyon 2.