Alors que certaines formations politiques se mettent en ordre de marche pour la présidentielle de 2027, plusieurs d’entre elles insistent sur la nécessité de mettre en place une primaire à gauche, pour tenter de contrer notamment le haut score attendu de l’extrême droite. Une idée qui n’est cependant pas soutenue par tous.
Une division qui pourrait bien être fatale. Alors que le Rassemblement national est largement en tête des sondages pour la présidentielle de 2027, peu importe les scénarios, la question d’une primaire des principales forces politiques de gauche commence à se poser, avec plus ou moins de succès.
Une proposition qui a repris de l’importance à la suite de la reconduction de Marine Tondelier à la tête des Écologistes. Figure centrale au sein du Nouveau Front populaire, l’élue d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) entend être, selon ses mots, «un moteur de la construction de l’unité» pour 2027, permettant à son parti d’être une sorte de «trait d’union» entre les autres.
Une stratégie appuyée par Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Léa Balage El Mariky, députée de Paris, et la sénatrice Mélanie Vogel. Dans une tribune publiée sur Mediapart, les trois responsables ont ainsi appelé la gauche à s’organiser pour désigner une candidature commune pour 2027.
Une primaire sous conditions pour le PS
Cette proposition d’une candidature commune pour la prochaine présidentielle semble trouver un écho du côté du Parti socialiste. En plein congrès, le PS a cependant, par le biais de certains cadres, imposé quelques conditions.
Favorable à une union de la gauche, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, propose de mettre en place «une plate-forme» pour départager les candidats à l’Élysée. Allant de François Ruffin à Raphaël Glucksmann, cette initiative exclut cependant Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise.
Un éloignement partagé par le député socialiste Jérôme Guedj, défendant pourtant une ligne différente de celle d’Olivier Faure au sujet de l’avenir du Parti socialiste. «Je le redis, il n’y aura plus d’accord avec La France insoumise», a-t-il ainsi déclaré le 18 mars sur Sud Radio, considérant que «tout ce que touche LFI abîme la gauche».
.@JeromeGuedj (PS) : Je le dis et le redis, il n'y aura plus d'accord avec la @FranceInsoumise. Tout ce que touche LFI abîme la gauche. Ce sont des boulets" pic.twitter.com/wGjA8mgtMY
— Sud Radio (@SudRadio) March 18, 2025
Quelle position pour le PCF ?
Du côté de l’État-major du Parti communiste français, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, n’a jamais caché son désaccord quant à une union impliquant un accord avec La France insoumise.
Le 24 octobre 2024, dans un entretien accordé au Parisien, l’ancien député et candidat à la présidentielle, avait écarté «toute nouvelle alliance avec La France insoumise pour une future élection».
Il reste désormais à savoir si cette stratégie sera suivie par l’ensemble des cadres du PCF, notamment du côté de l’Assemblée nationale.
Pas question pour LFI
Dans la grande majorité des sondages, Jean-Luc Mélenchon reste la figure la plus disposée à réaliser le meilleur score à gauche en 2027. Pour LFI, une primaire de la gauche n’a d’ailleurs jamais été une option.
Si en septembre 2024, Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement, s’y opposait déjà, considérant que les primaires pouvaient «créer des divisions et des clivages», Antoine Léaument, député et proche de Jean-Luc Mélenchon, a de nouveau rejeté cette hypothèse récemment. «Je suis contre une primaire à gauche pour 2027», a-t-il fermement déclaré sur Sud Radio le 17 avril dernier.
.@ALeaument : "Je suis contre une primaire à gauche pour 2027" pic.twitter.com/Pi9P5460Wj
— Sud Radio (@SudRadio) April 17, 2025