De nombreux parlementaires issus du centre et de la droite insistent pour que les discussions entre le gouvernement et les représentants des boulangers aboutissement, et que ces derniers puissent ouvrir le 1er-Mai, sans prendre le risque de se voir infliger des amendes.
Le jeudi 1er mai, jour de la fête du Travail, les rideaux de toutes les boulangeries, sauf exception, resteront fermées. En effet, comme le rappelle l’article L3133-4 du Code du travail, «seul le 1er-Mai est obligatoirement chômé pour tous les salariés».
Une législation qui oblige ainsi les artisans à ne pas employer du personnel, au risque d’être puni par la loi. En effet, en cas de non-respect, un boulanger peut se voir infliger une amende pour «infraction au Code du travail», qui peut aller jusqu’à 750 euros par salarié concerné, 1.500 quand celui-ci est mineur. En cas de contrôle de l’inspection du travail, cela peut déboucher des pénalités administratives, ou des poursuites.
«Clarifier les choses dans la loi»
Alors que la profession a demandé plus de souplesse, le gouvernement s’est dit prêt à faire évoluer la loi. «L'application de cette loi est aujourd'hui difficilement compréhensible», a admis Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du Travail et de l'Emploi. «Ce sont des métiers importants. Si, sur une base volontaire avec des compléments de salaire, les gens ont envie de s'organiser, on doit pouvoir laisser faire avant de pouvoir clarifier les choses dans la loi», a-t-elle expliqué le 16 avril dernier sur RMC.
De son côté, sur Sud Radio mardi dernier, Catherine Vautrin s’est engagée à «soutenir les initiatives parlementaires qui feront évoluer la loi et permettront aux salariés des boulangeries de travailler le 1er-Mai s’ils le souhaitent».
1er mai : "Nous devons faire évoluer la loi pour permettre à certaines professions de travailler" affirme la ministre @CaVautrinpic.twitter.com/7yStJFYgFY
— Sud Radio (@SudRadio) April 22, 2025
La droite et le centre demandent plus de souplesse
Si le gouvernement est ouvert aux discussions, il est également pressé par une partie de la droite, qui a demandé à ce que l’on vienne en aide à la profession.
«Travailler le 1er-Mai ne doit plus être le motif de sanction pour ceux qui, par choix, veulent simplement faire leur métier et servir leurs clients», ont exigé plus d'une cinquantaine de parlementaires LR, à l'initiative du député Alexantre Portier dans une lettre adressée à Catherine Vautrin.
Les #boulangers qui veulent travailler le 1er mai ne doivent plus être sanctionnés. Voilà le courrier que j’ai adressé à la Ministre du Travail avec 60 de mes collègues parlementaires. @droiterep_an@lesRep_Senatpic.twitter.com/F58f7KSDfF
— Alexandre Portier (@Portier_A_) April 17, 2025
«Laissons ceux qui veulent travailler le faire librement», a abondé sur X l'ex-ministre du Commerce Olivia Grégoire, députée EPR.
Des propos partagés par le maire de Cannes, David Lisnard, invité de Sonia Mabrouk sur CNEWS mercredi, qui a appelé à «recréer de la liberté», notamment pour un «secteur artisanal qui a une belle dynamique».