Trois étudiants se revendiquant propalestiniens ont été interdits d’accès à Sciences Po Paris à titre conservatoire, a annoncé la direction ce jeudi 24 avril. Ces derniers sont accusés d’avoir enfreint le règlement de l’établissement, notamment d’avoir «perturbé des événements» avec des «actes d’intimidation».
Une plainte pour «intrusion» a notamment été déposée par l’institut. La direction de Sciences Po Paris a annoncé ce jeudi avoir interdit, à titre conservatoire, l’accès à l’établissement à trois étudiants propalestiniens, qu’elle accuse d’avoir enfreint le règlement lors de leur participation à plusieurs actions.
Ces élèves ont fait l’objet de ces mesures à cause de «blocages à deux reprises et fortes perturbations d’événements avec actes d’intimidation», d’après une déclaration d’une porte-parole de l’établissement à l’AFP. Pour l’heure, les étudiants visés n’ont plus accès au campus jusqu’à la tenue de la section disciplinaire, dont la date n’est pas encore fixée, a-t-elle précisé.
Sur Instagram ce jeudi, le comité Palestine de Sciences Po a considéré ces mesures conservatoires comme «une purge», mettant directement en cause Luis Vassy, le directeur de l’institut.
Nouvelle manifestation propalestinienne hier
Parallèlement, plusieurs dizaines d’étudiants propalestiniens ont de nouveau manifesté ce jeudi 24 avril dans le hall de Sciences Po Paris et devant l’établissement, lors de la dernière semaine de cours.
C’est en ce moment à Sciences Po Paris.
Les militants d’extrême-gauche pro-palestiniens recouvrent leurs mains de faux sang, une référence à l’assassinat de soldats israéliens en 2000.
Ces antisémites doivent être exclus @sciencespo !pic.twitter.com/5eQ6aAkQJZ— UNI (@droiteuniv) April 24, 2025
«Une personne externe à Sciences Po a été identifiée parmi ces étudiants mobilisés, nous allons porter plainte pour intrusion», a précisé la porte-parole dans sa déclaration à l’AFP.
En effet, plus tôt ce jeudi, une soixantaine de personnes ont manifesté devant l’institut d’études politiques (IEP) de Lille, un établissement distinct de Sciences Po Paris, pour dénoncer un double diplôme avec l’université de Tel Aviv, en Israël.
De nombreux incidents recensés en avril
Dans un message aux membres des conseils de l’établissement, Luis Vassy a signalé une série d’incidents provenant d’un «groupe infime d’étudiants», notamment jeudi 10 avril dernier, lors d’une «conférence rassemblant plusieurs présidents d’universités», perturbée par «une quinzaine de personnes qui ont confisqué la parole».
Le directeur de Sciences Po a également mentionné l’occupation d’une cour du campus mardi 15 avril dernier, avec «l’affichage de banderoles au contenu particulièrement choquant», notamment l’une parlant d’«intifada anti-sioniste», avec de nouvelles actions les deux jours suivants.
Luis Vassy a également fait état, lundi 21 avril dernier, d’une «communication en ligne du comité Palestine qui a choqué», puis mercredi 23 avril d’une «autre publication aux relents antisémites mise en ligne puis rapidement retirée», sans en détailler le contenu.
Au total, dix étudiants ont fait l’objet de mesures d’exclusion temporaire dans le cadre d’actions propalestiniennes depuis le mois d’octobre, selon Sciences Po.