Protéger le choix des familles, défendre les identités régionales et leurs spécificités, c’est ce que porte le député LR Corentin Le Fur dans sa proposition de loi visant à «promouvoir les langues régionales en autorisant les signes diacritiques à l’état civil». L’élu des Côtes-d’Armor détaille ses ambitions pour CNEWS.
Une multiplication des chances. Député LR de la 3e circonscription des Côtes-d’Armor (Bretagne), Corentin Le Fur défend une proposition de loi pour permettre la possibilité d’utiliser les signes diacritiques (par exemple le tilde) issus des langues régionales à l'état civil.
S’il est cosignataire d’une proposition de loi sur le même sujet et portée par la députée Ensemble pour la République, Annaïg Le Meur, Corentin Le Fur a tout de même souhaité défendre une proposition annexe.
«Le but est de multiplier les chances de la faire inscrire à l’ordre du jour et de la voir adopter», a-t-il expliqué, précisant avoir «volontairement choisi d’agir sur un autre article du Code civil pour maximiser les chances de ne pas voir la loi censurée par le Conseil constitutionnel», comme ce fut le cas pour la loi dite Molac en 2021.
Pour rappel, cette loi visait à protéger et promouvoir les langues régionales et devait répondre à cette problématique en reconnaissant les particularités linguistiques régionales. Néanmoins, les Sages ont censuré la disposition relative à l’autorisation des signes diacritiques dans l’état civil.
Rendre le choix aux parents
Corentin Le Fur entend redonner le choix aux parents qui «souhaitent faire valoir leur identité régionale sans aller à l’encontre de l’identité nationale». Le but est de «protéger les parents face au zèle des agents de l’état civil, au zèle des juges et des parquets, qui s’opposent à la volonté des familles».
C’est notamment ce qui s’est produit en 2017 à Lorient (Bretagne) où l’état civil a refusé l’enregistrement du prénom traditionnel Fañch, du fait de la présence du tilde sur la lettre «n». Une décision par la suite validée en justice et qui «a fortement ému et choqué la Bretagne».
Le député a rappelé qu’en première instance la justice avait pourtant donné raison à la famille du petit Fañch. «Malheureusement on voit le pouvoir des juges, du parquet, du procureur de Lorient contre la famille. On va faire appel, utiliser de l’argent public pour une décision qui devrait respecter le choix et la volonté de la famille», a déploré Corentin Le Fur.
Protéger les identités françaises
Et cette proposition de loi a une autre particularité, elle avait déjà été déposée par le père de Corentin Le Fur, Marc Le Fur, ancien député de la même circonscription que son fils pendant plus de vingt ans.
«Nous partageons le même attachement aux langues et identités régionales qui font partie intégrante de l’identité française. C’est la somme des identités régionales qui fait l’identité de la France», a estimé le député breton.
Au-delà de cette volonté de défendre l’usage des langues régionales dans l’état civil, avec cette proposition «on défend nos identités régionales, on défend notre identité collective, on défend ce que nous sommes mais aussi une certaine idée de la décentralisation. Ce n’est donc pas un petit combat, ni un petit sujet», a expliqué Corentin Le Fur.
Désormais, avec «un président du Conseil constitutionnel breton (Ndlr. Richard Ferrand, ancien élu de Bretagne), j’espère que l’on sera un peu plus écouté, un peu plus respecté», a conclu le député qui espère voir sa proposition de loi ou celle d’Annaïg Le Meur inscrites à l’ordre du jour.