Dans l'amphithéâtre de la Sorbonne, Emmanuel Macron tient ce lundi une conférence pour présenter «Choose Europe for Science», une plate-forme d'accueil, qui permet de recenser les chercheurs du monde entier intéressés pour venir s'installer en Europe.
Dans un contexte international où la recherche perd en liberté, mais surtout, où chercheurs et universités se retrouvent dans le collimateur de l'administration américaine, l'Europe se propose comme terre d'accueil.
Ainsi après que son gouvernement a lancé mi-avril une plate-forme baptisée «Choose Europe for Science», Emmanuel Macron réunit ce lundi à l'amphithéâtre de la Sorbonne une ribambelle d'invités pour évoquer ce projet. Une conférence qu'il a initiée, avec quatre enjeux majeurs.
formaliser les accueils
Déjà le 17 avril denier, était lancée la plate-forme baptisée «Choose Europe for Science». Dans son communiqué, le gouvernement avait expliqué qu'il s'agissait «d'une première étape pour préparer l'accueil des chercheurs internationaux». Cette plate-forme d'accueil permet «de recenser les chercheurs intéressés et d'objectiver les moyens qui seront nécessaires pour les accueillir».
Près de trois semaines plus tard, l'initiative semble fonctionner. «On a plusieurs centaines de chercheurs qui ont montré de l'intérêt, à tous les niveaux, des doctorants jusqu'à des chercheurs confirmés», a confirmé Gilles Halbout, conseiller pour l'éducation, l'enseignement supérieur ainsi que la recherche et l'innovation.
Ainsi, lors de cette conférence, vue comme une nouvelle «étape», l'objectif n'est pas seulement de présenter cette plate-forme, mais aussi d'expliquer comment «accompagner ce dispositif», affirme Matthieu Landon, chef du pôle économique à l'Élysée, qui développe : «Pour lui donner plus d'ampleur, il faut des moyens supplémentaires et ces moyens seront annoncés», sans donner davantage de précision.
Prouver que l'Europe possède un «environnement de qualité»
Depuis son investiture le 20 janvier dernier, Donald Trump a pris en grippe chercheurs et universités. Libertés académiques et recherche ont été minées alors que les financements ont été sabrés... Des mesures fortes qui inquiètent les principaux concernés. Certains réfléchissent donc à quitter les États-Unis, pays considéré jusqu'ici comme le paradis de la recherche dans de nombreux domaines.
Samedi 19 avril, Philippe Baptiste, ministre français de la Recherche, avait estimé chez nos confrères de Franceinfo que l'effort financier pour accueillir des chercheurs américains «devait se faire au niveau européen».
Ainsi, en amont de cette rencontre à Paris, Gilles Halbout, conseiller éducation, enseignement supérieur, recherche et innovation a rappelé que ce lundi sera l'occasion «d'objectiver la situation, c'est-à-dire d'affirmer la France et l'Europe comme des espaces stables où on peut assurer une liberté, une recherche académique sans tabous, sans mots-clés condamnés, dans un environnement de qualité, avec un potentiel d'étudiants très bien formés».
Développer la souveraineté industrielle
Si le lancement de «Choose Europe for Science» était caractérisé comme «une première étape pour préparer l’accueil des chercheurs internationaux», cette conférence sera une nouvelle «étape».
Toujours dans un but d'accueillir les chercheurs «du monde entier» en France, Emmanuel Macron tentera cette fois de démontrer «toute l'attractivité de l'Europe et de la France en matière de recherche», selon Matthieu Landon, chef du pôle économique à l'Élysée, c'est-à-dire de «réaffirmer la recherche comme étant un enjeu fort pour le développement économique et pour notre souveraineté industrielle», ajoute Gilles Halbout.
«L'attractivité pour les chercheurs, c'est évidemment d'avoir la liberté de leur sujet de recherche, ce sont également des moyens», précise M. Landon.
connecter les chercheurs
«Depuis 40 ans, l'Union européenne a développé une politique de recherche ambitieuse, à la fois pour connecter les chercheurs entre eux et pour soutenir les efforts de recherche dans les États membres», contextualise Éric Paridimal, conseiller technique Europe.
Dans cette lignée, Emmanuel Macron, qui a initié cette conférence, a souhaité garder cette dimension européenne, qui sera traduite par la présence dans la salle de présidents d'Université, des représentants d'institutions de recherche des 27 États membres, mais aussi de Suisse, de Norvège ou encore du Royaume-Uni...
Trois commissaires européens participeront à cet événement : la commissaire Mînzatu, vice-présidente exécutif de la Commission européenne chargée de l'Enseignement supérieur et de la formation, le vice-président exécutif en charge de la stratégie industrielle Stéphane Séjourné, et la commissaire aux Start-up à la recherche et à l'innovation, Ekaterina Zaharieva.
Ces invités, ainsi que des représentants d'entreprises et les ministres de la Recherche des 27 États membres, discuteront autour de deux tables rondes, avant que le président de la République et la Présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen clôtureront ces discussions avec des annonces, à la fois européennes et françaises.