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Présidence de LR : il y a 13 ans, l’élection du chef de la droite virait au fiasco

En 2012, Jean-François Copé est élu à la tête de l'UMP. Rapidement, cette victoire est contestée par François Fillon. Le début d'un feuilleton déchirant pour le parti de droite. [© MIGUEL MEDINA, KENZO TRIBOUILLARD / AFP]

La bataille politique qui oppose Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez pour la présidence du parti LR, connaît son épilogue dimanche 18 mai. A moins que le sort de cette élection n'imite celle de 2012, où Jean-François Copé et François Fillon se sont tout deux revendiqués vainqueurs à l'issue du scrutin. L'un des moments les plus mémorables du parti.

Un duel fratricide. Plusieurs années avant Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, au sein du même parti, Jean-François Copé et François Fillon se sont disputés la présidence de l'UMP (ex-LR), en 2012. Contestation du résultat, suspicion de fraude, intox dans les médias, retour sur un épisode marquant de l'histoire de la droite française.

En fin d'année 2012, l'UMP se cherche un leader à la suite de la défaite de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle l'opposant à François Hollande. Mais ce quatrième congrès du parti ne s'est pas déroulé comme prévu.

Le 18 novembre au soir, l'équipe de Jean-François Copé composée notamment de Luc Chatel (vice-président) et Michèle Tabarot (secrétaire générale) a annoncé la victoire de son protégé. Par l'intermédiaire de ses proches, le natif de Boulogne-Billancourt n'a pas laissé planer le doute longtemps : avant même que le scrutin ne soit terminé, un proche du candidat disait : «Il a 1.000 voix d'avance sur l'ensemble des votants. C'est fait».

Certaines décisions de l'UMP au centre de cette discorde ?

Le son de cloche était bien différent dans le rang des fillonistes. On pouvait entendre que les annonces des copéistes étaient un «putsch médiatique», comme l'a clamé Dominique Dord, ou encore qu'ils participaient d'un «capharnaüm», comme l'a soutenu Valérie Pécresse. François Fillon lui même n'a pas manqué de rappeler à l'ordre son adversaire en déclarant, le soir de l'élection : «Personne ne peut aujourd'hui se prévaloir d'être élu».

Selon certains analystes de l'époque, plusieurs décisions du parti ont concouru au manque de clarté de cette situation. Le parti a en effet choisi de refuser les votes électroniques et les votes par correspondance, ce qui n'a pas permis à l'ensemble des adhérents UMP de faire entendre leur voix. Pour ceux qui se sont déplacés, une affluence importante a créé du retard dans le dépouillement de certains bureaux de vote et aurait même dissuadé certains votants de participer. 

Face à cette situation, de nombreuses personnalités de la droite ont évoqué des «irrégularités» voire même des fraudes. A Nice, on a par exemple appris que des «procurations avec des signatures qui ne correspondent pas à la signature de la pièce d'identité présentée» ont été acceptées. Le camp Copé a accusé certains bureaux de votes de Paris de fraude, alors que le camp Fillon a fait de même pour la ville de Toulouse. La discorde était totale.

Une première étape de vérifications est donc demandée par le camp du candidat aîné et celle-ci, menée par le contrôle des opérations électorales (COCOE), a confirmé rapidement la victoire de Jean-François Copé, avec une marge extrêmement faible : 50,03% des voix. La semaine qui a suivi cet épisode a été placée sous le signe des contestations. Le camp vaincu, celui de François Fillon, n'a pas manqué de remettre en cause l'impartialité de l'instance sollicitée et menace de faire un recours en justice.

«Enfer», «fiasco», «farce» : la presse en fait ses choux gras

Le déchirement du parti principal de la droite n'a pas manqué de déchaîner les passions dans les médias. Si Le Figaro se contente de titrer sobrement «UMP : une élection à deux vainqueurs», Le Monde ose «UMP, une semaine en enfer». Les Echos, quant à eux, parlent d'un «fiasco». Pire encore, cette affaire connaît une notoriété internationale. Le média britannique The Guardian utilise également le terme de «fiasco», pendant que Der Spiegel, en Allemagne, parle de «confusion» et même de «farce».

Finalement, lundi 17 décembre 2012, les deux hommes forts de la droite se sont rencontrés et ont réussi à s'entendre sur les termes d'un accord de «sortie de crise». En plus des nombreuses modernisations qu'entreprend ce texte, la décision forte prise par les deux candidats est de se donner rendez-vous en 2013 à leurs partisans pour une nouvelle élection : «Une nouvelle élection à la direction de l'UMP aura lieu au plus tard avant la reprise de la session parlementaire ordinaire d'octobre 2013 et sera précédée d'une campagne électorale, qui devra se dérouler dans l'intersession».

A la suite de cette décision, Jean-François Copé est resté à la tête du parti, jusqu'à ce que les partisans ne soient interrogés du 28 au 30 juin 2013 sur leur volonté d'élire un nouveau président. L'homme politique âgé de 49 ans en 2013 est conforté à plus de 92% et est donc resté à la tête de l'UMP jusqu'en 2015.

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