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Dette publique : pourquoi la note de Standard & Poor’s est-elle si attendue ce vendredi ?

Une nouvelle évaluation depuis février dernier, où le pays avait obtenu la note AA- («bonne qualité») d'une perspective négative. [Don EMMERT / AFP]

Ce vendredi 30 mai, l'agence de notation S&P va rendre la note souveraine de la France. Un verdict très attendu, alors que le pays affiche le pire déficit public de la zone euro. 

Une note très attendue. Ce vendredi, l'agence de notationS&P va réévaluer la note souveraine de la France. Une nouvelle évaluation depuis février dernier, où le pays avait obtenu la note AA- («bonne qualité») d'une perspective négative. Cette dernière avertissait d'une possible dégradation en l'absence d'améliorations significatives des finances publiques. Or, depuis, le gouvernement n'a pas réussi à inverser la tendance, malgré les promesses de maîtrise budgétaire. 

En conséquence, mardi, le Premier ministre, François Bayrou, a demandé au micro de BFMTV, «un effort à tous les Français» afin de trouver les 40 milliards d'euros nécessaires l'an prochain pour l'État, la Sécurité sociale et les collectivités locales. Dans ce cadre, il a ouvert la porte à une hausse générale de la TVA pour financer des dépenses sociales, la «TVA sociale».  

Le pire déficit public de la zone euro

À l'instar du budget de cette année, celui de l'année prochaine devrait être élaboré suite à d'abondantes consultations des partenaires sociaux, mais aussi des partis politiques, pour éviter une nouvelle censure. Malgré cette précaution, la Cour des comptes a averti d'un risque de «crise de liquidité» de la Sécurité sociale l'an prochain en raison du dérapage «hors de contrôle» de ses dépenses.

Un constat pessimiste, suivi par la Commission européenne, dont les nouvelles projections économiques publiées le 19 mai, ont enregistré le pire déficit public de la zone euro en 2025 et 2026, à respectivement 5,6% et 5,7% du PIB. Ces chiffres dépassent les engagements du gouvernement, qui vise 5,4% en 2025 et 4,6% en 2026, pour revenir sous 3% en 2029. Pour Éric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management, ces projections témoignent de «l'extrême insuffisance des mesures déjà votées pour assainir les finances publiques de la France», rapporte l'AFP. 

Même calculé hors charges d'intérêt, le déficit dit «primaire» de la France est estimé à 3,1% du PIB en 2025, supérieur à tous les autres pays de la zone euro, à part la Slovaquie, quand le Portugal ou l'Italie dégagent un surplus primaire.

Le choix de «laisser du temps» à la France

Sur la base d'une croissance du PIB estimée par la Commission à 0,6% cette année (le gouvernement table encore sur 0,7 %), il faudrait que le déficit primaire ne dépasse pas 0,13% du PIB pour stabiliser la dette, selon Éric Dor. Une gageure, et «c'est pour cela qu'elle va augmenter de 113% du PIB en 2024 à 116% en 2025». 

Alors, si S&P appuie sur le bouton de la dégradation, cela ferait basculer la France dans la catégorie des A (qualité moyenne supérieure). «C'est embêtant, car beaucoup de fonds et d'investisseurs institutionnels ont des règles strictes et privilégient le double AA, et cela pourrait provoquer une augmentation des taux» de financement de la France, selon Eric Dor.

Ce dernier estime que S&P va sans doute choisir de «laisser du temps» à la France, en attendant notamment l'issue du conclave sur les retraites et la présentation du budget.

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