Trois hommes de nationalité serbe ont été mis en examen et écroués à Paris jeudi soir, suspectés d'avoir dégradé des lieux juifs avec de la peinture verte le week-end dernier «dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère».
L'enquête avance. Les forces de l'ordre ont interpellé trois Serbes lundi 2 juin soupçonnés d'avoir jeté de la peinture verte sur des bâtiments et monuments juifs parisiens, dont le Mémorial de la Shoah, trois synagogues et un restaurant, dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 mai. Les trois suspects ont été mis en examen et écroués pour dégradations en lien «avec une puissance étrangère».
Les trois hommes, présentés par une source proche du dossier comme des exécutants motivés par l'argent mais sans conscience des enjeux géopolitiques, avaient été interpellés lundi dans les Alpes-Maritimes alors qu'ils s'apprêtaient à quitter le territoire. Selon cette même source, les enquêteurs suspectent la Russie d'avoir instigué ces actions. Des messages auraient été échangés par les mis en cause sur Telegram avec d'autres protagonistes qui n'auraient pas été interpellés à ce stade.
Affaire des «mains rouges»
La source judiciaire a précisé que ces Serbes, deux nés en 1995 et un né en 2003, ont été mis en examen, pour dégradations sur biens privés, d'un bien classé et d'un édifice de culte, ces trois infractions ayant été commises en réunion, en raison de la religion ou de l’ethnie supposée, et dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère.
Deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire, le troisième a sollicité un débat différé qui aura lieu en milieu de semaine prochaine, selon la source judiciaire. Selon la source proche du dossier, il s'agit de deux frères et d'un troisième homme qui vivait lui en France déjà depuis plusieurs années.
La piste d'une opération de déstabilisation venue de l'étranger avait rapidement été envisagée par les enquêteurs, selon une autre source proche du dossier, à l'image de l'affaire dite des «mains rouges» de mai 2024.