Peu connu du grand public, le «syndrome des jambes sans repos» touche pourtant près de 10% des Français. Un trouble du sommeil qui rend les nuits de certains Français insupportables.
Pour eux, l'heure du coucher n'est pas synonyme de repos, bien au contraire. Fourmillements, une impression de tiraillement, une nécessité irrépressible de bouger pour soulager l’inconfort... D'après une étude de 2022 de l'Inserm, entre 5 et 10 % de la population en France serait touchée par la maladie de Willis-Ekbom, plus communément appelée «le syndrome des jambes sans repos» (SJSR).
Encore peu connu du grand public, ce trouble est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. Le syndrome est également davantage présent avec l’âge : près d’un patient sur deux commence à ressentir les symptômes avant l’âge de 20 ans, mais ceux-ci deviennent généralement plus intenses après 40 ou 50 ans.
La génétique et le taux de fer, responsables du développement de la maladie
Le SJSR est une affection neurologique dite «sensori-motrice». Les patients qui en souffrent ressentent des sensations désagréables, souvent décrites comme des picotements, des démangeaisons, des brûlures ou des décharges électriques, localisées dans les jambes (parfois les bras), qui ne surviennent qu’au repos et s’apaisent avec le mouvement.
Si un dysfonctionnement du système dopaminergique dans le cerveau (une région impliquée dans la régulation des mouvements), pourrait être à l’origine des sensations étranges et de l’envie irrésistible de bouger, plusieurs études ont démontré que les personnes souffrant d’une carence en fer sont également plus susceptibles de souffrir de ce syndrome. En effet, le fer est essentiel à la fabrication et au bon fonctionnement de la dopamine.
Enfin, le syndrome pourrait dans certains cas être héréditaire et dû à des mutations génétiques qui affectent le développement ou la régulation des circuits neuronaux impliqués dans le sommeil et le mouvement.
Existe-t-il un traitement ?
A ce jour, aucun traitement curatif du «syndrome des jambes sans repos» n'a été mis au point. Cependant, plusieurs approches permettent de soulager efficacement les symptômes. Certaines règles d’hygiène de vie sont recommandées pour limiter les troubles : éviter la caféine, l’alcool, le tabac, maintenir des horaires de sommeil réguliers ou encore pratiquer une activité physique modérée mais régulière.
Certains soins non médicamenteux (massages des jambes, bains tièdes, application de compresses froides ou encore techniques de relaxation) peuvent également apporter un soulagement temporaire.
Quoi qu'il en soit, ce syndrome doit être pris au sérieux. Comme la plupart des troubles chroniques du sommeil, il peut entraîner au fil du temps une fatigue profonde, de l’anxiété, un isolement social, une dépression, mais aussi, selon une étude, augmenter le risque de maladies cardiovasculaires.