Le parquet de Paris a indiqué dans un bilan publié dimanche 22 juin que 107 personnes ont été placées en garde à vue dans l'agglomération parisienne au lendemain de la Fête de la musique, qui s'est tenue la veille dans la capitale.
Une 43e édition marquée par des violences et de multiples interventions des forces de l'ordre. Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 juin, les Parisiens ont célébré la Fête de la musique dans les rues de la capitale. Cependant, plusieurs incidents ont eu lieu lors de ces célébrations.
Le parquet de Paris a en effet fait état de 107 gardes à vue, dont 79 majeurs et 28 mineurs, entre samedi soir et ce dimanche. La plupart des infractions visaient essentiellement des faits de «violences volontaires, notamment sur personne dépositaire de l’autorité publique, vols, ports d’arme prohibée, dégradations volontaires et vente à la sauvette».
D’après la porte-parole du ministère public, «les services de la préfecture de police indiquent que cette année, la Fête de la musique a été marquée par une affluence inédite dans Paris avec une foule considérable principalement sur le secteur canal Saint-Martin et le centre de Paris (Bas quartier Latin et Paris Centre)».
Plusieurs faits relevant de la délinquance et de violences urbaines ont eu lieu. Dans le 1er arrondissement de la capitale, plus précisément à Châtelet, une jeune femme, âgée de 17 ans, a subi une agression sexuelle dans un restaurant.
Selon la porte-parole du parquet, la victime s’est fait toucher les fesses à deux reprises. Et lorsqu’elle a manifesté son mécontentement, elle a été prise à partie par la sœur du suspect. Ce dernier, accompagné de ses amis, a agressé le petit ami de la victime, âgé de 18 ans, avant de lui porter un coup de couteau. Deux individus, originaires de la Guadeloupe, ont été interpellés et placés en garde à vue.
Toujours dans ce même arrondissement, un jeune homme, né en février 2007 en Irak, a déposé plainte tôt ce dimanche, indiquant «avoir été victime d’une piqûre alors qu’il se trouvait dans la foule vers 23h30 rue Saint-Denis», a fait savoir la porte-parole du parquet de Paris. La victime a senti une vive douleur à l’omoplate avant d’être prise par des maux de tête et de malaise, et ce «pendant un quart d’heure». Une enquête a été ouverte pour «administration de substances nuisibles» et les investigations ont été confiées au commissariat du 16e.
Par ailleurs, la préfecture de police de Paris a relevé 21 cas de piqûres en Ile-de-France, dont 13 à Paris.
Les policiers pris à partie
La préfecture de Police a, de son côté, précisé dans un communiqué que «vers 21h30, deux individus ont été interpellés pour agression sexuelle et violences volontaires commises avec une paire de ciseaux. La victime a été prise en charge avec pronostic vital engagé».
En outre, les forces de l’ordre n’ont pas été épargnées par les violences. Dans le quartier des Halles, deux hommes, l’un né en Tunisie et l’autre en Algérie, ont été interpellés pour avoir «lancé des projectiles en direction des policiers».
Plus encore, dans le secteur de la Bourse du commerce, toujours dans le 1er arrondissement, un véhicule a refusé d’obtempérer. Après s’être arrêté une première fois, le conducteur a redémarré, alors même qu’un policier s’était porté à sa hauteur tendant le bras à l’intérieur du véhicule.
Lorsque le conducteur a redémarré, le fonctionnaire de police a été traîné «sur une dizaine de mètres avant qu’il ne parvienne à s’éjecter», explique la porte-parole du ministère public. Blessé au bras, le fonctionnaire a été transporté à l’hôpital. Les cinq occupants du véhicule, qui a été intercepté rue Montmartre, ont été placés en garde à vue.
La fin de la nuit a aussi été particulièrement tendue au niveau de Châtelet-les-Halles. «Peu avant 5h, des effectifs ont été pris à partie et ont dû faire usage de la force pour disperser un groupe hostile», a indiqué la préfecture de Police dans un communiqué, précisant que plusieurs individus «ont fracturé la vitrine d’un magasin Nike et en ont empêché par l’intervention des forces de l’ordre».
Dans le 6e arrondissement, rue Princesse, des mortiers ont été tirés, sans faire de blessés. Peu avant 22h, un véhicule a été dégradé dans les alentours. Les policiers ont été la cible de jets de projectiles et ont fait usage de moyens de défense intermédiaire en riposte», a ajouté la préfecture de Police.
Plusieurs arrondissements concernés par les agressions sexuelles
Et c'est dans ce même arrondissement que le parquet de Paris a constaté une autre plainte déposée pour «administration de substance nuisible», ou piqûre sauvage. Selon la porte-parole du ministère public, un homme, né en avril 1989, a été interpellé après avoir été désigné par des passants «comme ayant pu administrer une piqûre à une jeune femme». Les passants n'ont pas vu directement l'homme lors de son passage à l'acte.
Ailleurs, d'autres faits d’agressions sexuelles ont été constatés notamment boulevard de Belleville (20e), Esplanade des Invalides (7e), boulevard de Clichy (18e) ou encore rue du Faubourg Saint-Martin (10e).
La nuit du samedi à dimanche a également été marquée par des rixes, comme ce fut le cas dans le 11e arrondissement, rue du Faubourg Saint-Antoine. Selon le parquet, un différend a éclaté entre plusieurs personnes vers 3h du matin.
Au cours de cette rixe, un homme a reçu un coup de poing. Le second a exhibé un couteau tandis qu’un troisième participant aurait montré une arme de poing sous son t-shirt. La porte-parole du ministère public précise que les suspects avaient pris la fuite après les faits.