Chaque été, malgré l’arrêté municipal en vigueur, des touristes imprudents se retrouvent piégés par les marées à Étretat (Seine-Maritime). Pour endiguer ce phénomène récurrent, la municipalité et la préfecture ont décidé conjointement de facturer l'intervention des secours.
Afin de dissuader les promeneurs de s'aventurer dans des zones interdites, notamment le «Trou à l'Homme» niché au pied des falaises d'Étretat (Seine-Maritime), les autorités ont fixé le montant des interventions à 785 euros, auxquelles peuvent s'ajouter les frais horaires liés à la mobilisation de spécialistes.
La préfecture a notamment rappelé que, depuis le début de l'année, les sapeurs-pompiers du département sont intervenus à 20 reprises pour porter assistance à des personnes en difficulté. À ce jour, trois procédures de facturation ont été engagées. À titre de comparaison, le Sdis76 (Service départemental d'incendie et de secours) avait effectué 14 interventions sur ce même secteur en 2024.
Ces opérations de secours, souvent complexes, mobilisent des moyens importants, a expliqué le commandant Romain Helin, sapeur-pompier de la commune à France 3 Régions. «Quand on a des personnes bloquées au niveau du Trou à l'Homme, on a plusieurs vecteurs qui interviennent : un bateau de sauvetage, une ambulance, un officier de la chaîne de commandement, qui vont venir pour leur porter assistance. Tout ceci a un coût !», a-t-il souligné.
Parmi les mesures préventives prises figure également «l'installation de panneaux d'affichage rappelant les interdictions et les risques encourus». La police municipale patrouille régulièrement en collaboration avec la gendarmerie, et des amendes sont appliquées en cas de non-respect de la réglementation.
Des mesures plus strictes
Afin de renforcer le dispositif de sécurité pendant la saison estivale, les autorités ont installé un poste provisoire composé de six cavaliers et de réservistes, dans le but d'anticiper les comportements à risque, faire respecter la réglementation et assurer l'assistance en lien avec les secours.
Pour rappel, la municipalité d'Étretat a pris un arrêté, en avril dernier, interdisant strictement l'accès à plusieurs sites sensibles, dont «La chambre des demoiselles», «La descente au chaudron» et les tunnels menant au «Trou à l'Homme».
L'arrêté stipule également que, hormis la plage située le long de la digue-promenade, tous les autres accès aux plages sur l'ensemble du littoral communal sont interdits. De plus, la circulation piétonne est formellement prohibée sur les plateaux hauts des falaises, en amont comme en aval, dans un rayon de 5 mètres du bord.
Toutefois, la semaine dernière encore, le scénario s'est répété : douze personnes ont été secourues par les pompiers après s'être retrouvées coincées par la marée dans le «Trou à l'Homme».