La dette publique a poursuivi sa hausse au premier trimestre 2025, atteignant 3.345,8 milliards d'euros, soit 114% du PIB, selon les données de l'Insee publiées ce jeudi 26 juin.
En pleine turbulences politiques et alors que le pays tente de résorber un lourd déficit, la dette publique française a continué de croître début 2025. D'après les chiffres de l'Insee publiés ce jeudi 26 juin, elle atteint 3.345,8 milliards d'euros à la fin du premier trimestre, soit 114% du Produit intérieur brut (PIB).
Elle a donc augmenté de 40,5 milliards d'euros par rapport à la fin de l'année dernière et se hisse à la troisième place par ordre d'importance des dettes publiques de la zone euro, après celles de la Grèce et de l'Italie.
À la fin du premier trimestre 2025, la dette publique s’établit à 3 345,8 Md€https://t.co/9FdNe4lv7R
— Insee (@InseeFr) June 26, 2025
D'après l'Insee, la dette publique française ne pesait que 57,8% du PIB fin 1995. Depuis, elle a été alimentée par les crises financières, sanitaires, inflationnistes et l'instabilité politique rend difficile tout compromis.
En quête d'un budget pour 2026 et menacé de censure par la gauche après l'échec des négociations sur les retraites entre les partenaires sociaux, le gouvernement réunit ainsi un «comité d'alerte» sur les aléas susceptibles d'affecter les finances publiques.
L'an dernier, le déficit public de la France était le pire de la zone euro, à 5,8% du PIB. Le gouvernement de François Bayrou entend le ramener sous le plafond européen de 3% du PIB à l'horizon 2029, après 5,4% du PIB en 2025 et 4,6% en 2026.
La perspective d'une «année blanche»
Il a prévu un effort budgétaire d'une cinquantaine de milliards d'euros cette année, qu'il compte poursuivre à hauteur de 40 milliards en 2026 dans un contexte contraint par la volonté de la France de se réarmer et la hausse du coût de la dette, en voie de devenir le premier poste de dépenses budgétaires.
L'exécutif souhaite en priorité maîtriser l'évolution des dépenses publiques, et éviter une augmentation d'impôts, en répartissant l'effort entre Etat, Sécurité sociale et collectivités locales. La perspective d'une «année blanche» a même été évoquée, soit un gel des dépenses qui seraient reconduites au même niveau sans tenir compte de l'inflation.
A cette situation française difficile s'ajoute la forte incertitude internationale liée notamment à la hausse des droits de douane américains ou aux tensions au Proche-Orient, qui pèse sur la croissance. L'Insee et la Banque de France l'attendent à 0,6% en 2025, et le gouvernement à 0,7%, un fort ralentissement par rapport à 2024 (1,1%).