Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Retraites : la motion de censure socialiste contre François Bayrou rejetée

Francois Bayrou [Tom Nicholson / REUTERS]

L'Assemblée nationale a rejeté ce mardi soir la motion de censure du gouvernement de François Bayrou, défendue par les socialistes.

Le Premier ministre a échappé mardi à une nouvelle motion de censure, la huitième depuis sa nomination, déposée par les socialistes et soutenue par l’ensemble de la gauche.

Sans surprise, la motion n’a obtenu que 189 voix (loin des 289 nécessaires) les députés du RN et de l’UDR ayant annoncé en amont qu’ils ne la soutiendraient pas.

Près de cinq mois après avoir scellé un accord de non-censure pour faire adopter les budgets de l’État et de la Sécurité sociale, les socialistes accusent désormais le Premier ministre de trahison, sur fond d’échec du conclave avec les partenaires sociaux autour de la réforme des retraites.

Ils lui reprochent d’avoir promis, dans une lettre, un dialogue «sans totem ni tabou» et d’avoir assuré que le (dernier mot au Parlement) reviendrait, tout en écartant finalement toute baisse de l’âge légal de départ et toute inscription d’une mesure d’âge dans un projet de loi.

Face à la charge, le chef du gouvernement a tourné en dérision la motion, qu’il a présentée comme un prétexte pour le Parti socialiste de réaffirmer son rôle «d’opposition», avant de défendre l’intérêt général, qu’il juge «plus fort que toutes les menaces» de censure.

Il a par ailleurs souligné les avancées issues du conclave, qu’il prévoit d’intégrer au projet de loi de financement de la Sécurité sociale à l’automne, comme le départ sans décote à 66 ans et demi ou des ajustements pour les pensions des femmes.

François Bayrou a insisté sur la nécessité de maintenir l’équilibre financier du système des retraites, mettant en garde contre une guerre des générations : «Si personne n’alerte, si personne n’entend, nous allons nous perdre dans le surendettement.»

Une censure en suspens

La gauche a également fustigé le RN. Pour Olivier Faure (PS), ce vote révèle le vrai visage du RN : «Le Pen-Bardella sont sur le terrain social, économique, fiscal, la prolongation de Macron-Bayrou»

De son côté, l'orateur RN Gaëtan Dussausaye (RN) a donné «rendez-vous au budget», fixant une série de lignes rouges : «nouveaux coups portés contre le pouvoir d'achat des Français» et «impôts ou taxes supplémentaires sur les entreprises tant que vous n'aurez pas réduit le train de vie de l'État». 

Il a également cité la TVA sociale. En réponse à la piste «d'une année blanche», qui consisterait à geler retraites, prestations sociales et barème de l'impôt sur le revenu, pour faire des économies, il a répondu que le RN ne soutiendrait qu'«une année blanche pour la contribution nette française au budget de l'Union européenne».

Sur l’énergie, le RN refuse que la programmation pluriannuelle de l’énergie soit tranchée par un simple décret, estimant qu’un tel sujet relève de la souveraineté française.

L’automne s’annonce donc périlleux pour le Premier ministre, sommé de trouver 40 milliards d’euros d’économies sous la menace d’une censure, avec un appui de plus en plus fragile d’un centre divisé. 

«De toute façon il tombera. La seule question c’est quand. Si c’est à l’automne, c’est dans la nature des choses», a estimé un cadre macroniste cité par l'AFP. 

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités