Le Sénat a adopté ce jeudi une proposition de loi pour autoriser certains commerces, comme les boulangeries et les fleuristes, à faire travailler leurs salariés lors du 1er-Mai. Une initiative soutenue par le gouvernement mais fustigée par la gauche et les syndicats.
Vers plus de flexibilité ? Une proposition de loi, soutenue par le gouvernement et adoptée ce jeudi par le Sénat, prévoit d’autoriser de nouvelles professions à faire travailler leurs salariés à l’occasion du 1er-Mai. Pour être adoptée, cette mesure, très encadrée, doit encore terminer son voyage parlementaire par un vote à l’Assemblée nationale.
Dans le détail, le texte des sénateurs centristes a été adopté en première lecture avec 228 voix contre 112. Il vise à étendre le périmètre des commerces bénéficiant d'une dérogation pour faire travailler leurs salariés, s'ils sont volontaires, pendant la Fête du Travail, jour férié et chômé en France.
La dérogation pourrait ainsi s'appliquer, en plus des activités déjà concernées et jugées «essentielles», comme les hôpitaux ou les transports, aux boulangers, pâtissiers, fleuristes et autres cinémas ou théâtres.
Manque à gagner
L'an dernier, un flou juridique concernant l'ouverture des boulangeries le 1er-Mai, alors que la plupart restaient ouvertes les années précédentes, a entraîné des contrôles inopinés de l'inspection du travail. La possibilité pour ces entreprises de faire travailler des salariés ce jour-là reposait sur une position ministérielle datant de 1986. Mais cette dérogation est devenue obsolète après une décision de la Cour de cassation en 2006.
Quelque 12 millions de Français et touristes ont ainsi été privés de baguette fraîche et de croissants lors de la fête du Travail, les boulangeries n'ayant pas le droit d'ouvrir. De quoi sérieusement agacer Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie, qui dénonce une grande perte de chiffre d'affaires.
«Depuis une centaine d'années on travaillait le 1er-Mai sans histoire», a souligné Dominique Anract, qui assure que la fermeture touche 35.000 boulangeries et génère un manque à gagner de 70 à 80 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Une initiative soutenue par le gouvernement mais déplorée par la gauche et surtout par les syndicats, dont la CGT, qui avait dit dans un communiqué s'opposer «à toute remise en cause du caractère férié et chômé du 1er-mai» et avait soutenu les agents de contrôle de l'inspection du travail «qui interviennent pour le faire respecter».