La Fête du Travail est le seul jour férié obligatoirement chômé pour la grande majorité des salariés en France. Mais alors, qui sont les «chanceux» qui iront tout de même travailler ce jeudi 1er mai ?
Qui dit fin du mois d’avril, dit 1er mai et... jour férié. En effet, depuis la promulgation de la loi n°48-746 du 29 avril 1948, le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé, soit non travaillé, et payé pour tous les salariés français, sans condition d’ancienneté.
Surnommé «fête du Travail», ce jour est unique dans le calendrier français : c’est le seul moment de l’année où une vaste majorité de la population active ne travaille pas. À l’exception, bien sûr, de certains professionnels exerçant des métiers dits «essentiels».
En effet, l’article L3133-6 du Code du travail prévoit que «les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail» ont l’autorisation d’ouvrir le 1er mai.
Parmi ces métiers essentiels, on retrouve notamment le personnel hospitalier (aides-soignants, infirmiers, médecins), les agents des transports publics (conducteurs de bus, métro, RER, tram, train, ou encore les pilotes d’avion), les journalistes et techniciens des médias (caméraman, monteurs, ingénieurs du son, etc.), ainsi que les forces de l’ordre : policiers, gendarmes, et militaires.
Les sénateurs déposent une proposition de loi pour permettre aux boulangeries d’ouvrir
Un problème se pose toutefois : la loi reste floue lorsqu’il s’agit des commerces dits «essentiels». Boucheries, boulangeries, fleuristes, épiceries… Peuvent-ils ouvrir le 1er mai ? Officiellement, oui — mais uniquement sans salariés.
En effet, un commerçant indépendant a le droit d’ouvrir son établissement ce jour-là, à condition de ne pas faire travailler ses employés. Une règle que de nombreux professionnels jugent injuste : sans personnel, ouvrir est tout simplement impossible.
En 2024, quatre boulangeries en Vendée ont d’ailleurs été verbalisées pour avoir enfreint cette règle en faisant travailler leurs salariés le 1er mai.
Pour résoudre cette situation, des sénateurs centristes ont récemment déposé une proposition de loi, soutenue par le gouvernement, visant à autoriser certains établissements, dont les boulangeries et les fleuristes, déjà ouverts le dimanche, à rester ouvert le 1er mai.
Un texte auquel s’est fermement opposée la secrétaire générale de la CGT. Auprès de LCI, Sophie Binet a confié qu’il n’en «était pas question». «Il y a 364 jours pour ouvrir. C’est une conquête sociale et nous sommes là pour la préserver».