Le rassemblement des opposants à l'A69, interdit par la préfecture du Tarn, s'est mué samedi 5 juillet en fin d'après-midi en manifestation aux abords directs du chantier, avec à la clé une confrontation avec les forces de l'ordre qui s'est achevée peu après 20h00.
Près de 1.000 manifestants anti-A69 se sont rassemblés dans le parc d'un château près du chantier de l'autoroute, samedi 5 juillet. La situation a fini par dégénérer : des individus ont lancé des pierres sur les forces de l'ordre, qui ont répondu par le tir de grenades lacrymogènes.
Les centaines de manifestants, parmi lesquels une cinquantaine de protestataires masqués et vêtus de noir, sont sortis du périmètre privé du château aux alentours de 17h, bloquant une route nationale proche avec des troncs d'arbres et des branches, en scandant «no macadam».
Un hélicoptère de la gendarmerie déployé sur place
Une première confrontation a ainsi duré une quarantaine de minutes, les gendarmes en tenue anti-émeute se plaçant le long du tracé pour en empêcher les accès, tandis que les manifestants, parmi lesquels une cinquantaine habillés de noir et masqués, étaient repoussés par le gaz vers la route nationale 126, séparant le chantier du terrain privé du château.
Sous la surveillance d'un hélicoptère de la gendarmerie, forces de l'ordre et manifestants sont restés ensuite à se faire face sans incident, les anti-A69 dansant la farandole sur la route en chantant «A bas l'Etat, les flics et les fachos».
#A69 🚨 Gestes hostiles et jets de projectiles envers les forces de l'ordre. Soutien à nos gendarmes présents à Maurense-Scopont pour sécuriser la mobilisation non autorisée par le @prefet81. #Tarnpic.twitter.com/zNNbENRF6l
— Gendarmerie nationale (@Gendarmerie) July 5, 2025
Peu après 19h00, alors qu'un groupe tentait de nouveau de s'approcher, un canon à eau, positionné sur le chantier, est entré en action, soutenu par de nouveaux tirs massifs de grenades lacrymogènes, ces derniers incidents poussant le cortège à reculer vers l'entrée du château.
Peu après 20h00, tous les manifestants étaient de retour sur le campement privé. Dans la soirée, des animations festives, avec concerts, étaient prévues face au château, a indiqué à l'AFP un des organisateurs.
Le président de la République apporte son soutien aux forces de l'ordre
«Nous ne laisserons rien passer», a aussi martelé sur le même réseau le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, dénonçant des manifestants d'ultra-gauche qui «ne veulent que détruire ou casser du flic».
Le président de la République, Emmanuel Macron, a de son côté apporté son soutien, toujours sur X, aux forces de l'ordre qui «font face à des manifestants violents» tandis que Marine Le Pen appelait à prendre «toutes les mesures qui s'imposent contre ces milices de l'écoterrorisme».
Soutien à nos forces de l’ordre qui, mobilisées sur le chantier de l’A69 ce week-end, font face à des manifestants violents. Je sais le gouvernement pleinement engagé pour maintenir l’ordre républicain. Force doit rester à la loi.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) July 5, 2025
Un chantier qui se poursuit malgré les protestations
Malgré les recours en justice et les manifestations, les travaux de construction de l'autoroute ont repris et avancent. La cour administrative d'appel de Toulouse a autorisé fin mai une reprise du chantier, avant l'examen du dossier au fond prévu en fin d'année.
«On a une justice qui devient hallucinante et qui dit qu'on peut reprendre le chantier d'une autoroute déclarée illégale par le tribunal», a affirmé Jean Olivier, coprésident des Amis de la Terre Midi-Pyrénées, faisant référence aux différentes décisions juridiques sur ce dossier devenu emblématique des luttes écologistes contre les grands projets d'infrastructure.