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Dissolution de l’Assemblée : l’hypothèse de nouvelles législatives anticipées est-elle crédible ?

Emmanuel Macron a dissous l'Assemblée nationale le 9 juin 2024. [REUTERS/Abdul Saboor]

Le président de la République récupère dès ce mardi son pouvoir de dissolution de l’Assemblée nationale. Pour autant, l’hypothèse de nouvelles législatives anticipées d’ici à la fin du mandat d’Emmanuel Macron est-elle crédible ?

L’article 12 de la Constitution de nouveau utilisable. À compter de ce mardi 8 juillet, Emmanuel Macron pourra de nouveau dissoudre l’Assemblée nationale s’il le souhaite. Toutefois, cette éventualité s’avère peu vraisemblable, comme l’a expliqué à CNEWS, le politologue Philippe Moreau-Chevrolet.

«Le fait de ne pas utiliser le droit de dissolution est plus important que le fait de l’utiliser. Emmanuel Macron sait qu’il risque de créer une situation encore plus compliquée à l’Assemblée», estime le politologue, «il est donc peu probable qu’il l’utilise».

En effet, la dissolution annoncée par Emmanuel Macron le 9 juin 2024 n’a pas eu le résultat escompté par le chef de l’État. «Il tablait sur une montée du RN avec probablement Jordan Bardella comme Premier ministre. Une forme de cohabitation dans laquelle il aurait pu retrouver un élan politique», explique Philippe Moreau-Chevrolet.

Malheureusement pour lui, «les calculs qu’il avait faits avant la première dissolution ont été faux et l’alliance du Nouveau Front populaire est arrivée en tête». Ainsi, «avec une nouvelle dissolution, Emmanuel Macron risque de se retrouver avec le même éparpillement et le même désordre à l’Assemblée nationale», poursuit-il.

1 français sur 2 favorable à une nouvelle dissolution

L’hypothèse du déclenchement de nouvelles élections législatives anticipées n’est pas forcément la bonne solution pour le président de la République. 

«Il a un Premier ministre dont la vertu n'est pas d'agir mais qui stabilise le système depuis des semaines, qui permet au budget de passer et aux institutions de fonctionner et la dissolution entraînerait un chaos politique de plusieurs mois», précise le politologue.

Pourtant, si Emmanuel Macron ne souhaite pas faire à nouveau le pari de la dissolution, 50% des Français se sont dits favorables à de nouvelles élections législatives, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Sud Radio.

Il est à noter que seuls 34% des Français estiment crédible qu’Emmanuel Macron enclenche à nouveau l’article 12 dans les prochains mois.

Toutefois, Philippe Moreau-Chevrolet met en garde : «Quand on demande aux Français s’ils ont envie de voter, ils disent oui et le contraire serait étrange». Ainsi, l’envie des électeurs de dissoudre l’Assemblée revêt donc plus d’une volonté démocratique que d’une volonté profonde.

Pour rappel, l’article 12 de la Constitution de 1958 permet au président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale et de provoquer des élections législatives anticipées. Six dissolutions ont eu lieu sous la Ve République en 1962, 1968, 1981, 1988, 1997 et 2024.

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