Afin de réaliser des économies, l'idée de supprimer deux jours fériés a été évoqué par François Bayrou ce mardi. Mais, quels jours seront ciblés, et combien ce changement pourrait-il rapporter aux caisses de l'État ?
Un discours attendu. Ce mardi, à 16h, François Bayrou a pris la parole pour détailler les grandes orientations du budget de l’année 2026. L’objectif est clair pour le Premier ministre : réaliser plus de 43 milliards d’euros d’économies. L’enjeu est de taille pour François Bayrou qui, dès sa nomination à la tête du gouvernement, avait pointé du doigt le poids de la dette du pays, qui s’élève à 114% du PIB.
«Ce n’est pas un budget lambda, c’est un budget important pour l’équilibre des finances publiques », avait affirmé un conseiller du Premier ministre. «Quand vous demandez 40 milliards d’économies, forcément ce sera un budget polémique».
Une fête religieuse, une commémoration...
Et, parmi les mesures pouvant faire «polémique», la suppression de deux jours fériés a donc été évoqué par François Bayrou. En effet, les Français bénéficient de onze jours fériés, et le Premier ministre ne s’est pas montré contre un tel changement, qu'il a qualifié de «non optionnel».
Ainsi, en plus de la Pentecôte, deux jours pourraient être utilisés pour soulager les finances publiques.
Mais, de ces onze jours, lesquels pourraient être ciblés ? Ils sembleraient en réalité tout trouvés pour le Premier ministre. Celui-ci a évoqué la suppression du 8-Mai, date de la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe, justifiant ce choix par un mois de mai déjà «rempli de ponts».
Pour rappel, entre 1959 et 1981, le 8-Mai avait déjà été supprimé par Charles de Gaulle, dans une volonté d’unité européenne. La célébration n’a été rétablie qu’en 1981, sous François Mitterrand.
Le lundi de Pâques a également été mentionné au motif qu'il n'avait «plus de signification religieuse».
«Cette modification du calendrier permettra d'augmenter l'activité économique des entreprises, des commerces et de la fonction publique pour que notre production en soit améliorée. Ses modalités seront soumises à la négociations des partenaires sociaux», a précisé le chef du gouvernement.
Concernant les retombées, le Sénat s’était déjà penché sur cette possibilité, et avait déterminé que la suppression d’un jour férié permettrait de rapporter, à terme, entre 2,4 et 2,8 milliards d’euros de recettes supplémentaires, voire 3,3 milliards d’euros en augmentant la contribution des retraités.
L’enjeu économique est donc de taille et, les recettes supplémentaires, non négligeables.