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Assurance chômage : la réforme voulue par le gouvernement serait «un carnage total», fustige la secrétaire générale de la CFDT

Ce projet «est un carnage total pour les demandeurs d'emploi», a déclaré Marylise Léon à l'issue d'un échange avec la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet. [Thomas SAMSON / AFP]

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a estimé ce lundi que la nouvelle réforme de l'assurance chômage, voulue par le gouvernement, serait un «carnage total pour les demandeurs d'emploi».

Des économies qui pourraient tout mettre en péril. Une nouvelle réforme de l'assurance chômage, telle que voulue par le gouvernement, serait un «carnage total pour les demandeurs d'emploi», a déclaré, ce lundi, la leader de la CFDT, Marylise Léon, son homologue de la CFTC, Cyril Chabanier, jugeant le projet «totalement fou».

C'est «une réforme qui rapporterait entre 2 à 2,5 milliards d'euros» initialement. Et «on serait entre 3 et 4 milliards en année pleine, lorsque les dispositifs seraient entrés en vigueur», a précisé Marylise Léon, pointant un volume d'économies «qui n'a jamais été fait». 

Ces fourchettes ont été confirmées lundi après-midi par le ministère du Travail, qui précise toutefois que les concertations se poursuivent. Ce projet «est un carnage total pour les demandeurs d'emploi», a déclaré Marylise Léon à l'issue d'un échange avec la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet.

«Préserver» les séniors

Le prochain accord sur l'assurance chômage, réclamé par le gouvernement, doit néanmoins «préserver (...) les acquis de l'accord de novembre dernier sur les conditions d'affiliation des jeunes et les règles applicables aux seniors», a plaidé auprès de l'AFP la ministre du Travail.

Il faut «des durées d'affiliation et une période de référence qui soient dérogatoires du droit commun pour les primo entrants, c'est-à-dire, les jeunes et les saisonniers», a-t-elle ajouté. Sur les seniors, il faudra notamment «préserver» le décalage des «bornes seniors, de 55 à 57 ans».

Entre les deux tranches d'âges, le gouvernement compte proposer une nouvelle baisse de la durée d'indemnisation et un durcissement des conditions d'accès au régime d'indemnisation. «C'est le retour de la réforme de Gabriel Attal (rejetée par les syndicats et suspendue en juin 2024 après la dissolution, ndlr) avec deux exceptions pour les jeunes et les seniors», a persiflé Cyril Chabanier, numéro un de la CFTC.

«Ce projet est totalement fou», a déploré ce dernier, se disant «pas certain aujourd'hui d'aller à ces négociations», qui doivent durer «jusque mi-novembre», selon le ministère. Le Premier ministre François Bayrou a souhaité, le 15 juillet dernier, que les partenaires sociaux ouvrent des négociations sur l'assurance chômage et sur le droit du travail, afin notamment de «faciliter les recrutements» et augmenter les offres d'emploi.

«Pas de négociation sans progrès social»

Outre l'assurance chômage, le gouvernement entend proposer aux syndicats de négocier avec le patronat des dispositions qui concernent le droit du travail, comme la possible monétisation de la cinquième semaine de congés payés ou la suppression de deux jours fériés.

Mais pour Marylise Léon, sur ces questions qui concernent le droit du travail, «il ne peut pas y avoir de négociation si ce n'est pas pour du progrès social». «Le monde du travail a refusé de travailler deux ans de plus avec les retraites» et «il refuse aussi de travailler deux jours de plus avec la suppression de deux jours fériés», a assuré la secrétaire générale du syndicat.

Elle a par ailleurs jugé que l'idée de monétiser la cinquième semaine de congés payés était «extrêmement injuste». «Ce sont des dispositions qui donnent à voir à un gouvernement qui est complètement déconnecté de ce qui se passe dans le monde du travail», a-t-elle martelé, en ajoutant que «toutes les possibilités d'action pour la CFDT restent ouvertes», alors que l'intersyndicale doit se réunir le 1er septembre.

La CFDT et la CFTC sont les deux seules organisations syndicales à avoir accepté l'entretien avec la ministre cette semaine, tandis que la CGT, FO et CFE-CGC ont décliné ces échanges dans l'immédiat, les repoussant à la rentrée.

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