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Attentats islamistes de 1995 : qu'est devenu le Groupe islamique armé (GIA), 30 ans après avoir organisé une série d'attaques en France ?

Le Groupe islamique armé (GIA) avait été fondé sur la contestation de l'annulation du second tour des élections législatives en Algérie en 1991. [HZ / AFP]

Le Groupe islamique armé (GIA) est une organisation terroriste islamiste responsable d’une série d’attentats entre juillet et octobre 1995 en France, faisant 8 morts et près de 200 blessés. Le groupe s’est formé en Algérie pendant la décennie noire, une guerre civile qui a frappé le pays dans les années 1990.

Le Groupe islamique armé (GIA) est une organisation terroriste islamiste d'idéologie salafiste créée lors de la guerre civile algérienne. Son but déclaré était de renverser le pouvoir en place pour le remplacer par un État islamique. L'organisation a été placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France, après une série d’attentats perpétrés dans l’Hexagone en 1995. Elle était considérée par l'ONU comme proche d'al-Qaïda

Après une dizaine d’années d’activité, pendant la décennie noire en Algérie, le GIA a fini par se déliter notamment grâce à la Loi de Concorde civile promulguée par le nouveau président Abdelaziz Bouteflika en 1999, qui a permis d’amnistier la plupart des combattants qui souhaitaient se réintégrer à la société civile. Pour ceux impliqués dans des attentats, à l’image de Boualem Bensaïd, désigné comme principal responsable de l’attaque de la station Saint-Michel à Paris en 1995, c’est la justice qui a mis un terme à leur activité.

40.000 membres en 1994

L’histoire du GIA a commencé le 26 décembre 1991, lorsque le Front Islamique du Salut (FIS), formation politique militant pour la création d'un État islamique, est arrivé en tête du premier tour des élections législatives en Algérie. Un résultat qui a provoqué un séisme dans le pays, à tel point que le gouvernement a décidé d’annuler le second tour. C’est cette décision qui a poussé le GIA à se lancer dans la lutte armée. Ses activités se sont notamment caractérisées par des attentats contre la population civile.

Le GIA était une organisation non centralisée et morcelée, dirigée par l’émir Abou Abd Ahmed (ou Mourad Si Ahmed, surnommé «Djafaar al-Afghani»). Les effectifs du groupe étaient estimés à environ 40.000 membres en 1994. Tout comme le FIS, le GIA était divisé en deux clans, les salafistes qui prônaient une révolution islamique mondiale et les djazaristes d'obédience plus nationaliste qui cherchaient à prendre le pouvoir en Algérie.

Grâce à ses soutiens en provenance de l’étranger (États-Unis, France, Belgique, Royaume-Uni, Allemagne, Suisse et des pays arabes tels que l'Arabie saoudite ou le Yémen), le GIA a pris en quelques années une stature médiatique de premier plan, et s'est imposé dans les consciences comme un acteur prépondérant du terrorisme islamique. Il entendait rester le seul à conduire le «jihad» en Algérie, et s'en prenait à quiconque se permettait la moindre divergence quant à ses décisions.

Une nouvelle dimension qui a poussé le groupe armé à multiplier les actions en dehors de l’Algérie. C’est ainsi qu'il y a trente ans, le 25 juillet à 17h30, une bouteille de gaz bourrée d’écrous explosait dans le RER parisien à la station Saint-Michel - Notre-Dame, faisant 8 morts et 117 blessés. Il s’agit du plus gros attentat perpétré en France par l’organisation. Au total, le GIA a mené une série d’attaques terroristes dans le pays entre juillet et octobre 1995, faisant 8 morts et près de 200 blessés.

Une grande loi d’amnistie «pour la paix»

En 1999, Abdelaziz Bouteflika, fraîchement élu à la présidence de la République, avait fait adopter une loi amnistiant la plupart des combattants. Le texte, baptisé Loi de Concorde civile, visait à réintégrer dans la société ceux qui avaient renoncé à la violence armée et à amnistier ceux qui avaient apporté un soutien aux groupes terroristes pendant la décennie noire. Quant aux combattants qui avaient choisi de rester actifs, l’armée régulière a affirmé les avoir officiellement tous anéantis.

Le 15 août 2005, le président Bouteflika avait organisé un référendum sur la «Charte pour la paix et la réconciliation nationale», qui a entériné l'abandon définitif des poursuites judiciaires contre les islamistes qui avaient déposé les armes et non coupables de meurtres, de viols et d'attentats à l'explosif. Le texte prévoyait la création d'une indemnité pour les veuves et les orphelins des membres des groupes armés tués, ainsi que le dédommagement des familles de personnes disparues, à condition qu'elles aient un certificat de décès.

Deux articles de l'ordonnance d'application de la Charte interdisent désormais toute poursuite et condamnent les familles de victimes à renoncer à toute velléité de justice. Les familles de victimes sont condamnées au pardon, sans que justice ne soit rendue à leurs proches, tandis qu’au moins 6.000 islamistes ont quitté le maquis pour rejoindre la vie civile.

Boualem Bensaïd incarcéré depuis novembre 1995

Quant aux responsables des attentats, à commencer par Boualem Bensaïd, la justice a contribué à mettre fin à leur activité. Pour son implication dans l’attentat de la station Saint-Michel à Paris en 1995, il a été condamné en octobre 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de vingt-deux ans. Cette peine a été confirmée en appel en 2003. La Cour de cassation a rejeté son pourvoi alors qu’il demandait sa libération et son expulsion vers l’Algérie après vingt-neuf ans d’incarcération.

Boualem Bensaïd est considéré comme le coordinateur des six attentats qui ont frappé la France en 1995, revendiqués par le GIA, qui reprochait à la France son «soutien» au régime d’Alger. Il a été reconnu coupable d’avoir posé les bombes ayant explosé dans la station Saint-Michel, et près du métro Maison-Blanche dans le 13e arrondissement (6 octobre, 18 blessés), ainsi que d’avoir participé à la préparation de l’attentat du RER C au Musée d’Orsay (17 octobre, 30 blessés).

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