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Réforme du système judiciaire, lutte contre l'antisémitisme... Ce qu'il faut retenir de l’interview de Gérald Darmanin sur CNEWS

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, était l’invité de l’Heure des Pros 2 ce mercredi 30 juillet sur CNEWS. Voici ce qu’il faut retenir.

Gérald Darmanin, garde des Sceaux, était invité sur CNEWS ce mercredi 30 juillet. Il veut réformer le système judiciaire, entre peines minimales, justice «de bon sens» et construction de nouvelles prisons.

Le ministre a, avant toute chose, rappelé que «la justice avait une promesse quasi impossible à tenir : elle doit être juste, protéger la société et condamner l’intégralité des auteurs avec sévérité». Mais l'ancien maire de Tourcoing veut réformer le système judiciaire qu’il juge responsable de la récidive chez les détenus.

«On va arrêter de payer 80 euros l’acte pour notifier à quelqu’un qu’il a été condamné»

«Plus de la moitié des peines de prison sont aménagées», a rappelé le garde des Sceaux. De ce fait, il a évoqué la colère des magistrats qui regrettent que leurs peines prononcées ne soient pas appliquées pleinement à cause des remises de peine et des aménagements.

«Il faut qu’on ait peur de la condamnation judiciaire» a ensuite martelé l'ex-locataire de Beauvau, à l’heure où, selon lui, un quart des condamnés ne se présentent pas à leur procès. Ils sont simplement prévenus par acte. «On va arrêter de payer 80 euros l’acte pour notifier à quelqu’un qu’il a été condamné» a-t-il annoncé.

«Je propose des peines minimales»

Sur le plateau de CNEWS, Gérald Darmanin a également dénoncé l’attitude des délinquants : «On n’a plus peur de l’autorité. Toucher à un agent pénitentiaire, cela devient quelque chose de quasi-normal, il faut s'occuper de cette tendance extrêmement inquiétante». Alors, comme solution, le ministre a rappelé sa volonté de «mettre des peines minimales, pour que si on touche à l’autorité, qu’on puisse comprendre qu’on s’attaque à la République.»

Rappelant que le trafic de drogue touche désormais les grandes villes comme les petits villages, l’invité de l’Heure des pros 2 a indiqué vouloir reprendre la situation en main, tout en restant lucide : «La sécurité totale n’existe pas mais quand on chope quelqu’un, il doit connaître un tarif minimum». Le tarif minimum : trois mois de prison pour un premier délit. «Ce qui compte, c’est la certitude de la peine, pas la grosseur», a-t-il assuré.

«Des décisions rapides, moins fermes mais immédiates»

Dans sa volonté de réformer le système judiciaire, Gérald Darmanin a aussi avancé une modification des délais, quitte à ce que la peine soit inférieure : «Il faut des décisions rapides, moins fermes mais immédiates». En plus de continuer à construire des places de prison. Car pour lui, «la récidive est engendrée par le fonctionnement actuel»

Il plaide pour une Justice «de bon sens»

Le ministre a pointé du doigt les absurdités du système, notamment le traitement accordé aux détenus étrangers et aux OQTF. Pour lutter contre la surpopulation carcérale, il plaide pour une justice «de bon sens». «On fait la justice pour les Français. On fait des aménagements de peine pour des individus sous OQTF, alors qu’un OQTF a vocation à partir, pas à s’insérer dans la société» a dénoncé Gérald Darmanin, ajoutant qu’ils seraient environ 8.000 dans cette situation actuellement.

Autre solution pour désencombrer, ne mettre que les détenus dangereux derrière les barreaux : «En France, on enferme des gens qui ont des troubles psychiatriques par exemple, détaille le ministre, ils représentent 25% des détenus. Et 30% ont des problèmes d'illettrisme.» Avec les étrangers, ces catégories de détenus pourraient vider environ 50% des places en prison. Tout comme les condamnés pour «escroqueries financières, délits routiers, dégradations de bieans», que le garde des Sceaux considère comme «non dangereux» pour la société, les femmes, les Forces de l’ordre.

La lutte contre l'antisémitisme, «l'une des principales priorités»

Il a également annoncé avoir accéléré l’ouverture de 1.400 places de prisons grâce aux nouvelles méthodes de construction modulaire, en béton, rapides et dont la durée moyenne est de 18 mois, avant de réagir à l’étudiante de Sciences Po Lille accusée d’avoir eu des propos antisémites.

 «Il y a assez d'antisémites en France, il n'y a pas besoin d'en importer», a-t-il dit, rappelant qu'à son arrivée au ministère de la Justice, il avait demandé aux procureurs de la République d'appliquer trois priorités : «la lutte contre le narcobanditisme, les violences faites aux femmes et aux enfants, et les actes antisémites».

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