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«Un impact brutal» : le secteur des vins français s'attend à perdre un milliard d'euros en raison de la hausse des droits de douane

Une baisse des exportations aurait «des effets sur les 600.000 emplois directs et indirects de la filière des vins et spiritueux» en France. [Adobe Stock]

Vendredi 1er août, la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) français a déploré l'entrée en vigueur d'un droit de douane de 15% sur les produits européens à compter du 7 août. Elle a ainsi appelé la France et l'Union européenne à «la poursuite des négociations». 

Une conséquence directe du décret signé jeudi par Donald Trump, qui impose une hausse des droits de douane pour des dizaines de pays. L'Union européenne n'a, pour l'heure, pas obtenu d'exception pour les vins (dont les champagnes) et spiritueux, un secteur particulièrement sensible pour des pays comme la France et l'Italie. 

Dans un communiqué, le président de la FEVS, Gabriel Picard, a indiqué que «l'impact de ce droit sera d'autant plus brutal qu'il va de pair avec le recul du dollar américain aux États-Unis». Il a ainsi estimé que cet effet combiné «pourrait aboutir à une réduction d'un quart» des ventes de vins et spiritueux aux États-Unis, «soit une perte d'un milliard d'euros». 

«La situation ne peut rester en l'état»

Une baisse des exportations aurait par ailleurs «des effets sur les 600.000 emplois directs et indirects de la filière des vins et spiritueux» en France, selon la fédération, qui ne chiffre pas les pertes anticipées.

«Nous saluons les efforts déjà fournis pour tenter d'obtenir l'exclusion des vins et spiritueux de ce droit de 15%», a déclaré Gabriel Picard. «Mais la situation ne peut rester en l'état», a-t-il poursuivi, estimant que «les négociations devraient se poursuivre».

Jeudi, la Commission européenne a indiqué poursuivre les négociations avec les États-Unis pour tenter d'obtenir des exemptions des droits de douane sur les vins et spiritueux à l'avenir, mais s'attend à ce qu'ils soient touchés par les taxes américaines de 15%. 

De son côté, vendredi, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a assuré sur Franceinfo que la France «n'[allait] pas [s'] arrêter là». Il a également précisé vouloir «obtenir des garanties sur les vins et spiritueux». 

«impossible d'assumer les 15% »

De plus, Maxime Toubart, coprésident du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC), a indiqué à l'AFP que les «États-Unis sont un marché stratégique pour la filière viticole française et bien sûr pour le champagne en particulier».

Et pour cause : en 2024, les États-Unis recevaient 10% des exportations de champagne en volume et plus de 14% du chiffre d'affaires de la filière, soit 820 millions d'euros, selon le CIVC. Pour Maxime Toubart, il est «évident» qu'une surtaxe de 15% aura des incidences sur l'emploi dans la filière, aux États-Unis comme en France. 

Un avis partagé par Yves Couvreur, un administrateur de la Fédération des vignerons indépendants de Champagne, selon l'AFP. «Pour la plupart de nos vignerons c'est impossible d'assumer les 15% possibles d'augmentation», explique-t-il. 

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