La maire de Paris, Anne Hidalgo, a infligé près de 4,5 millions d'euros d'amendes pour affichage commercial sauvage depuis janvier 2024. Ce sont 122 annonceurs et entreprises qui ont été verbalisés, dans le cadre d'une lutte contre la pollution visuelle de l'espace public a-t-elle assuré.
Gare à l'endroit où vous collez vos affiches dans Paris. Ce sont des amendes «dissuasives», qui s'élèvent tout de même à 1.500 euros par affiche. Anne Hidalgo a serré la vis sur sa politique d'affichage dans la capitale : entre janvier 2024 et août 2025, ce sont 4,5 millions d'amendes qui ont été distribuées pour «affichage commerciale sauvage», a-t-elle assuré à l'AFP.
«On parle ici de l'affichage sur tous les lieux non autorisés et ils sont nombreux : des agrafages sur les arbres, des collages sur les vitrines de commerces inoccupés, mais aussi directement sur des bâtiments privés, publiques et parfois historiques», a précisé l'adjoint en charge de la prévention, de la sécurité et de la police municipale, Nicolas Nordman.
Depuis le 1er janvier 2024, la municipalité a récupéré la compétence de verbalisation de l'affichage illégal, un droit autrefois réservé à l'État, dans le cadre d'un amendement de la loi Climat et Résilience, votée en août 2021. «On s'est évidemment saisi de cette nouvelle compétence, en mobilisant très activement la police municipale et les services de la propreté», a affirmé l'adjoint à la propreté Antoine Guillou à l'Agence France Presse.
Les entreprises, aussi responsables
Les affichages sauvages ne sont pas uniquement l'œuvre de colleurs indépendants, ils sont également orchestrés directement par les entreprises. Parmi les contrevenants, cités, plusieurs «compagnies de luxe», dont Piguet, Burberry, Audemars, ou des marques plus sportives, telles que Nike.
«On a aussi des entreprises de production de musiques», a révélé Antoine Guillou, citant entre autres Sony et Warner «qui font des campagnes d'affichage sauvage pour promouvoir tel ou tel artiste». Souvent critiquée pour l'entretien de ses rues, la mairie de Paris a fait de la lutte contre l'affichage commercial sauvage, comme celle contre les tags et graffiti, un de ses chevaux de bataille.
En 2025, c'est 4.480.500 euros d'amendes qui ont été distribués, un nombre faramineux, qui contraste avec les 2.446.500 euros facturés en 2024. Des chiffres qui témoignent plus d'une politique renforcée que d'une hausse des pratiques d'affichages, selon la maire, qui admet tout de même avoir été plus clémente avec les affichages féministes et politiques, en période électorale.