Une enquête du principal syndicat des enseignants du second degré indique que les trois quarts des collèges et lycées français ont fait leur rentrée avec une équipe incomplète. Ce manque de personnels ne concerne pas que les professeurs.
«Le second degré est à l'os et manque de tout», déplore le Snes-FSU. Publiée ce jeudi 4 septembre, une enquête du syndicat des enseignants dans le public montre que l'équipe pédagogique et éducative est incomplète dans 73% des collèges et lycées en cette rentrée 2025.
Les chiffres, publiés par franceinfo, indiquent qu'il manquait un professeur dans plus de la moitié des établissements publics (55%) le jour de la rentrée. Ces données, qui ne prennent pas en compte les Outre-mer, ont été collectées du 29 août au 3 septembre auprès de 1.005 établissements «en prenant en compte le poids de chaque académie, ainsi que la répartition collèges/lycées».
Le 1er septembre, la ministre de l'Education nationale, Elisabeth Borne, a évoqué «l'équivalent de 2.500 professeurs» manquants. Pour Sophie Venetitay, secrétaire générale du Snes-FSU, c'est plutôt entre 5.000 et 6.000.
🚨 Dans 55% des collèges et lycées, il manque au moins un∙e enseignant∙e. Dans 12,2%, au moins un∙e AESH Dans 8,8%, au moins un∙e CPE Dans 13,2%, au moins un∙e PsyEN Dans 11,1%, au moins un∙e AED. Rentrée de la pénurie, nouvelle saison ➡️ www.snes.edu/article/la-r...
[image or embed]— SNES-FSU (@snesfsu.bsky.social) 4 septembre 2025 à 09:13
Certaines matières sont davantage en tension que d'autres, à l'image du français, des mathématiques, de l'éco-gestion mais aussi de l'espagnol. Cette année encore, «des dizaines de milliers d'élèves ont commencé l'année sans professeur, y compris dans des classes à examen», dénonce le syndicat.
Sachant qu'il manquait au moins un professeur dans 56% des collèges et lycées l'an dernier au 5 septembre, le Snes-FSU estime que la poursuite d'une situation aussi «dégradée» est le résultat de l'«inaction des différents ministres face à la crise du recrutement».
Sans compter que cette «pénurie de personnels» ne concerne pas que les enseignants. Il manque en effet au moins un conseiller principal d'éducation (CPE) dans 8,8% des collèges et lycées et un assistant d'éducation dans 11,1% des établissements.
Certaines académies sont plus touchées
De la même manière, 13,2% des collèges et lycées n'ont pas de psychologue scolaire et il manque un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) dans 12,24% des cas. Un «renoncement scandaleux à l'ambition de l'inclusion» selon le syndicat et une réalité inquiétante «à l'heure où tous les signaux montrent une dégradation de la santé mentale des adolescents».
Si toutes les académies sont concernées par cette pénurie, certaines sont davantage touchées que d'autres. Dans celle de Lyon, les trois quarts des établissements du second degré (75%) manquent d'un poste au moins, contre 72% à Créteil.
En Normandie, plus de la moitié des collèges et lycées sont touchés (57,5%), de même que dans l'académie de Lille (55%). Le problème est présent mais moins sévère à Aix-Marseille (41%) ou encore à Dijon (29,1%).
Face à cette situation, le Snes-FSU a déposé un préavis de grève chaque semaine pour tout le mois de septembre. Il appelle également à «un autre budget que celui marqué par l’austérité budgétaire annoncée et assumée par le gouvernement Bayrou».
Le syndicat dénonce «des mesures brutales et injustes qui vont toucher particulièrement les fonctionnaires», comme le gel du point d'indice ou la suppression d'emplois, alors même que «l'Education nationale [...] manque de tout».