En déplacement à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ce vendredi, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a annoncé l'envoi d'une vingtaine de policiers supplémentaires dans la ville gangrénée par les narcotrafiquants, qui se livrent selon lui une «guerre territoriale» d'une grande «barbarie».
Sa visite était très attendue par les forces de l'ordre. Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau était ce vendredi matin à Clermont-Ferrand, où il a rencontré des escadrons de CRS sur le terrain. Il s'est notamment rendu avenue de Charras, à proximité de la gare SNCF, un quartier en proie au narcotrafic et aux violences qui en émanent.
Pour faire ace au «déchaînement de violences», il a par ailleurs annoncé l'arrivée d'une équipe de 22 policiers supplémentaires, dont 17 sont déjà dépêchés sur place. «Cinq, qui seront dédiés à l'investigation, vont compléter pour arriver à 22», a détaillé le locataire de Beauvau, soulignant un «effort conséquent», alors même que la France se trouve dans une période de «disette budgétaire». Mais selon le ministre, ce foyer de dépenses est «absolument nécessaire».
Un corps calciné retrouvé le 13 août
Depuis le début de l'année en effet, la cité auvergnate est en proie à une recrudescence de la violence liée au narcotrafic. C'est dans ce contexte que quatre personnes ont été tuées, et une autre blessée grièvement à Clermont-Ferrand, alors que la ville était plutôt épargnée par le phénomène jusqu'à l'an passé.
«Deux fusillades pendant une heure avec trois blessés dont deux grave» se sont produites le week-end dernier, a encore rappelé Bruno Retailleau, alors qu'il visitait un point de deal récemment démantelé. «Le pic de cette barbarie a été atteint le 13 août, quand nous avons retrouvé le corps calciné d'un homme», a-t-il estimé.
Outre les renforts, le ministre a également annoncé que le réseau de caméras de vidéosurveillance de Clermont-Ferrand se verrait allouer un budget supplémentaire de 160.000 euros pour être renforcé. Par ailleurs, une unité mobile occupera l'espace public «à plein temps», et ce, aussi longtemps que nécessaire. Le voisinage, lui, espère que la présence policière restera effective dans les jours et semaines à venir.