Alors que François Bayrou sollicite ce lundi la confiance de l’Assemblée nationale, plusieurs partis politiques ont fermement affirmé qu'ils voteraient contre lui. Le scénario d'une chute de gouvernement semble inéluctable.
Un mois de septembre mouvementé. Confronté au rejet de son plan d’économies budgétaires de près de 44 milliards d’euros, ainsi qu’à des appels à bloquer le pays le 10 septembre, le Premier ministre François Bayrou sollicite ce lundi la confiance de l’Assemblée lors d’une session parlementaire extraordinaire.
Le chef du gouvernement se trouve dans une position plus que fragile car les réactions des oppositions ont été immédiates à cette annonce et ne semblent laisser quasiment aucune chance de réussite au gouvernement, privé de majorité depuis sa naissance en décembre. Du Rassemblement national à La France insoumise en passant par les Ecologistes, les communistes ou encore les socialistes, tous ont promis de voter contre la confiance.
Le RN et LFI fermement opposés à François Bayrou
Sur X, Marine Le Pen a dénoncé «la crise économique et financière dans laquelle est plongé notre pays après huit années de macronisme». Sans surprise, la cheffe de file du Rassemblement nationale a affirmé voter «évidemment» contre la confiance au gouvernement de François Bayrou. «Seule la dissolution permettra désormais aux Français de choisir leur destin, celui du redressement avec le Rassemblement national», a-t-elle ajouté.
François Bayrou n’a visiblement pas compris que les Français ont pleinement conscience de la crise économique et financière dans laquelle est plongé notre pays après huit années de macronisme, crise qui s’ajoute à tant d’autres échecs mettant en péril la survie même de notre…
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) August 25, 2025
Pour les Insoumis, ce vote de confiance à l'Assemblée sonne comme une victoire. «Il n'y a pas de majorité pour lui», s'est félicité Jean-Luc Mélenchon sur X. Il faut dire que depuis l'arrivée de François Bayrou à Matignon, La France Insoumise réclamait que François Bayrou soit soumis à un vote de confiance. C'est désormais chose faite.
Bayrou accepte de se soumettre à la démocratie parlementaire, contrairement à Macron qui continue son coup de force en refusant de reconnaître le résultat des dernières élections.
Le 8 septembre, pour la première fois depuis cinq ans, un premier ministre macroniste demandera un…— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) August 25, 2025
Le Parti socialiste, dernier espoir avorté
François Bayrou ne pourra pas même compter sur l'appui du Parti socialiste, dernier espoir de sa survie. Dans un entretien au Monde publié lundi dernier, le patron du PS Olivier Faure avait affirmé s'opposer fermement au chef du gouvernement. Selon lui, il est «inimaginable que les socialistes votent la confiance au Premier ministre».
🔴 « Il est inimaginable que les socialistes votent la confiance à François Bayrou »
Retrouvez mon interview complète dans les pages de @lemondefr 👉 https://t.co/Pd38ueIIYRpic.twitter.com/WJ4D4VFhXI— Olivier Faure (@faureolivier) August 25, 2025
Le premier secrétaire du Parti socialiste estime que la décision de François Bayrou de demander la confiance à l'Assemblée nationale le 8 septembre «est une autodissolution». Olivier Faure a précisé que les socialistes allaient «présenter dans les tout prochains jours» un projet de budget alternatif.
«Nous voulons un autre gouvernement»
Même refrain du côté des Écologistes. Dans un communiqué publié à l'issue de la conférence de presse de François Bayrou, Marine Tondelier a martelé son opposition. «Nous disons clairement que nous voterons contre la confiance sollicitée par le Premier ministre.»
Pour le Parti communiste, les conclusions sont les mêmes. «Comment accorder sa confiance à une majorité qui a un tel bilan, qui a fait tant de mal depuis 2017 ?» s'est interrogé le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel sur X. «Nous voulons un autre gouvernement» a-t-il affirmé.
De l'autre côté de l'échiquier politique, le groupe LIOT a indiqué qu'une «nette majorité» de ses élus «ne votera pas la confiance», tandis que patron des députés LR, Laurent Wauquiez, a jeté un pavé dans la marre dimanche, en pleine rentrée politique de son parti, en accordant la «liberté de vote» à son groupe.
Sauf revirement ou coup de théâtre, ces oppositions conjuguées laissent à présager que la France sera virtuellement sans gouvernement à l'issue de ce vote. Un nouveau rebondissement dans l'instabilité politique provoquée par la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024, qui risque en outre d'ouvrir une phase de turbulences financières.