Après la chute du gouvernement de François Bayrou lundi, Gabriel Attal estime qu'il faut changer de méthode. Selon lui, tout a été «fait à l'envers» depuis la dissolution de l'Assemblée nationale.
Dénonçant une situation «insupportable pour les Français», Gabriel Attal appelle Emmanuel Macron à «renverser la méthode». En réaction à la chute du gouvernement de François Bayrou lundi, moins d'un an après la censure de celui de Michel Barnier, le président du groupe EPR à l'Assemblée nationale suggère de «parler du quoi avant de parler du qui».
«Je crois que depuis un an et depuis la dissolution, tout a été fait à l’envers. Des Premiers ministres ont été nommés, en se disant que derrière ils auraient une majorité, dans un contexte où l’Assemblée nationale est totalement divisée et aucune force politique n’a seule une majorité [...] Il faut sortir de cette spirale», a développé Gabriel Attal, invité de la matinale de TF1 ce mardi 9 septembre.
Celui qui a lui-même occupé les fonctions de Premier ministre estime qu'il faut «d'abord savoir ce qui sera fait dans ce budget et qu’il y ait une forme de compromis qui soit trouvé entre les forces politiques» avant de s'interroger sur l'identité du futur chef du gouvernement. Ce, afin de «créer un socle à l'Assemblée nationale» qui ne renversera pas le nouveau Premier ministre «au bout de quelques mois».
Chute du gouvernement : "Depuis un an et depuis la dissolution, tout a été fait à l'envers (...) Il faut sortir de cette spirale", @GabrielAttal dans #BonjourLaMatinaleTF1pic.twitter.com/MFlSmSJYWC
— TF1Info (@TF1Info) September 9, 2025
«On a entendu la droite, Bruno Retailleau, expliquer que si c’était la gauche il y aurait une censure. On a entendu la gauche expliquer que si c’était la droite il y aurait une censure. On a entendu LFI et le RN expliquer que, qui que ce soit, il y aurait une censure. Qui parle des Français ? Qui parle du pays, de sa stabilité et de notre visibilité dans le monde ? Personne», a fustigé Gabriel Attal.
Ce dernier suggère qu'Emmanuel Macron nomme un «négociateur», à savoir «une personnalité en dehors de la politique qui ne sera pas Premier ministre mais aura vocation pendant les trois prochaines semaines, à réunir 7 jours sur 7 et 24h sur 24 les chefs de partis politiques» afin de faire advenir ce socle commun.
Des exemples dans d'autres pays
Pour endosser ce rôle, Gabriel Attal imagine «une personne qui ne vient pas de la politique active immédiate». «Ça peut être quelqu’un qui vient du monde syndical, du monde associatif et qui sur son nom, peut mettre autour d’une même table l’ensemble des chefs de partis politiques», a-t-il précisé.
D'après l'ex-Premier ministre, «c'est ce qui se fait dans quasiment tous les pays autour de nous [...] ils arrivent après les élections, au service de leurs concitoyens, à se mettre d’accord autour d’un compromis pour permettre à leur pays d’avoir un gouvernement stable».
Pour Gabriel Attal, l'urgence n'est pas de nommer immédiatement un nouveau Premier ministre mais de faire en sorte d'être prêt pour le vote du budget. Il dit avoir fait part de sa proposition à Emmanuel Macron mais ce dernier ne semble pas s'engager sur ce chemin puisque l'Elysée a déjà fait savoir qu'un Premier ministre sera nommé «dans les tout prochains jours».