Une intrusion dans un centre de recherche du Bas-Rhin, abritant plus de 800 singes, a conduit à la disparition d’une dizaine de ouistitis ce vendredi 12 septembre, a alerté l’Université de Strasbourg (Unistra).
Douze primates manquent à l’appel. Une intrusion survenue dans un centre de recherche de l'Université de Strasbourg abritant plus de 800 singes a conduit à la disparition de plusieurs ouistitis, a indiqué l’établissement ce vendredi 12 septembre, confirmant une information des Dernières nouvelles d’Alsace.
Si depuis des années, des associations qui défendent une recherche scientifique sans recours aux animaux, telles que Pro Anima, militent pour la fermeture du centre, une source proche de l’enquête a indiqué à l’AFP que «l’hypothèse d’une action d’un groupe de défense des animaux n’est pas celle qui est privilégiée». «Il s’agit vraisemblablement d’un vol avec, pour motivation des auteurs, la revente des singes» a ajouté la même source.
«Nous supposons que certains animaux ont été volés, sans exclure que certains puissent être aux abords du site», a alerté l’Unistra. Si l’Université ne sait pas exactement combien de personnes se sont introduites dans le centre, situé dans une forteresse du XIXe siècle à Niederhausbergen, dans le Bas-Rhin, «trois combinaisons» intégrales ont été retrouvées sur les lieux.
De «très faibles» chances de survie
Pour l’heure, douze ouistitis sont toujours portés disparus, «ainsi que trois boîtes à nid». Deux animaux ont déjà été récupérés dans l’enceinte du site «et sont en bonne santé», a précisé l’Unistra.
Des zootechniciens et des responsables du bien-être animal sont actuellement chargés des recherches des ouistitis, susceptibles d’être encore aux abords ou sur le site. Le centre de recherche abrite plus de 800 singes de neuf espèces, dont certains peuvent évoluer en plein air dans de vastes enclos. Dans le cas des ouistitis, qui pèsent entre 300 et 500 grammes à l’âge adulte, ils ne représentent «aucun risque pour les populations locales», a tenu à rassurer l’établissement universitaire.
Cependant, «en dehors de son environnement et de ses congénères», l’animal est «plutôt stressé». Ses chances de survie à l’extérieur «sont très faibles», notamment car le ouistiti vit dans une animalerie reproduisant les conditions de la forêt amazonienne, avec une température constante de 28 °C. «Les cambrioleurs, par leurs actes, n’ont aucune préoccupation du bien-être de ces animaux», a déploré l’Université, avant d’indiquer qu’une plainte avait été déposée à la gendarmerie de Mundolsheim. «Les services des douanes ont été informés pour les contrôles aux frontières», a-t-elle précisé.
Installé dans un fort construit en 1870 par les Allemands près de Strasbourg, le centre de primatologie de l’Université de la ville s’étend sur sept hectares de terrain boisé. Les centaines d'animaux, issus de sept espèces différentes, sont utilisés pour différents types de recherche, du biomédical à l’étude du comportement animal. Ils sont supervisés par une trentaine de personnes.