Le syndicat agricole FNSEA appelle à «une grande journée d’action» le vendredi 26 septembre à travers toute la France. La mobilisation vise à dénoncer le Mercosur et les échanges internationaux.
Un mois de septembre sous le signe de la mobilisation. Le syndicat agricole Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) appelle à «une grande journée d’action» autour des échanges internationaux pour les produits agricoles, le vendredi 26 septembre, à travers toute la France, a annoncé son président Arnaud Rousseau dans un entretien au Journal du dimanche.
Cette mobilisation vise à dénoncer «le Mercosur, les taxes imposées par Donald Trump et le flot d’importations internationales qui ne respectent pas les normes qui sont les nôtres», a expliqué le dirigeant, qui avait déjà exprimé son hostilité à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et les pays latino-américains du Mercosur.
Cet accord devrait permettre à l'UE d'exporter plus de véhicules, de machines ou encore de vins en Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay. En échange, il prévoit de faciliter l’importation de viande, de sucre ou encore de soja sud-américains.
Au terme d’un été marqué par les sécheresses et les maladies animales, la colère des agriculteurs reste intacte. «Jeunes Agriculteurs et la FNSEA réaffirment avec force leur opposition totale à l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur», ont déclaré les deux organisations dans un communiqué dimanche dernier.
Et de poursuivre : «En validant l’accord en l’état, malgré la promesse de mesures de sauvegarde, la Commission européenne tourne clairement le dos à son agriculture. Cet accord reste toxique, incompréhensible et dangereux pour les agriculteurs français.»
Les agriculteurs ne décolèrent pas
Depuis plusieurs mois, les syndicats agricoles tirent la sonnette d’alarme sur le danger que représente le Mercosur et sur l’absence totale de réciprocité des normes de production.
«Il est inconcevable que l’Union européenne autorise l’importation de produits issus de pratiques totalement interdites en France et en Europe depuis des années», ont insisté Jeunes Agriculteurs et la FNSEA.
Au-delà du libre-échange, les revendications portent également sur la paupérisation des agriculteurs, les retards dans le versement des aides européennes de la politique agricole commune (PAC), le poids croissant des normes environnementales et administratives, ainsi que sur la concurrence déloyale des importations qui ne respectent pas les mêmes règles.
Beaucoup dénoncent aussi le manque de concrétisation des promesses faites par le gouvernement depuis le début de la crise agricole. Les agriculteurs demandent enfin à Emmanuel Macron d’honorer sa parole en exprimant publiquement une opposition claire et ferme à l’accord Mercosur, assortie des actions politiques concrètes qu’il compte mettre en œuvre pour le bloquer.
Au début du mois de septembre, la Commission européenne a soumis au Conseil de l’Union européenne le projet d’accord de libre-échange. Le texte doit désormais être approuvé avant de pouvoir entrer en vigueur.