Le dirigeant du Medef a indiqué, ce samedi, qu'une «grande mobilisation patronale» serait organisée si les impôts des entreprises étaient augmentés dans le budget 2026.
Un avertissement. Patrick Martin, le président du Medef, a prévenu, ce samedi, qu'une «grande mobilisation patronale» serait organisée si les impôts des entreprises tendaient à augmenter dans le cadre du budget 2026.
«Les entreprises ne peuvent pas supporter de nouveaux impôts ou des hausses d’impôts supplémentaires. Au contraire, il est même urgent de desserrer le frein à main pour relancer l'investissement», a déclaré le dirigeant de la première organisation patronale française dans une interview au Parisien.
Et d’annoncer : «Si les impôts augmentent, il y aura une grande mobilisation patronale», qui pourrait s’étendre «au-delà du Medef», a-t-il ajouté.
«On ne descendra pas dans la rue. On réunira massivement, comme ce fut le cas par le passé, sous forme de meeting, des milliers de chefs d’entreprise de tout profil, en termes de taille, de secteur d’activité, d'origine territoriale pour bien signifier que nous refusons d’être la variable d'ajustement de politiques qui nous paraissent contraires à la bonne marche de l’économie et à l’intérêt du pays, dans lequel nous jouons un rôle important», a-t-il détaillé, alors que les adhérents du Medef sont «très inquiets».
Un «effet récessif»
Les entreprises françaises sont «les plus imposées parmi les pays de l'OCDE, déduction faite des aides qu'elles reçoivent», a également souligné le président du Medef, avec «13 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires en 2025». En contrepartie, il déplore que les sociétés n'ont pas vu se concrétiser la promesse d'une baisse d’un impôt de production.
Parmi les lignes rouges du dirigeant : la taxe Zucman, un impôt pour les ultrariches, réclamée par la gauche. «Ce serait un frein terrible à l’investissement et à la prise de risque pour les entreprises. La taxe Zucman intègre l'outil de travail dans le calcul du patrimoine, alors même que l’ISF ne le faisait pas!»
Il estime que pour «certaines entreprises, dans la tech notamment, qui valent cher mais ne font pas encore de résultats ou ne distribuent pas de dividendes, instaurer cette taxe serait même une forme de spoliation et les condamnerait à la vente.»
Aussi, Patrick Martin considère que les propositions budgétaires du PS auraient «un effet récessif» dans une conjoncture économique déjà difficile. Il préconise des économies sur les dépenses sociales et les frais de fonctionnement, avec des suppressions de postes de fonctionnaires.