Le président du Medef, Patrick Martin, doit se rendre en Algérie ce jeudi, a annoncé mardi l'organisation patronale. Patrick Martin a notamment pour objectif de nouer un dialogue avec les entreprises algériennes et de redémarrer une coopération entre les deux pays.
Un déplacement symbolique, à l'aube de nouvelles relations apaisées entre la France et l’Algérie. Accompagné notamment du coprésident français du conseil d'affaires algéro-français, Yannick Morillon, mais pas à la tête d'une délégation d'entreprises, le président du Medef, Patrick Martin, doit se rendre à Alger, ce jeudi 23 avril.
Patrick Martin doit notamment «rencontrer des chefs d’entreprises» locaux et tisser les liens d’une «nouvelle coopération» économique et industrielle entre la France et l'Algérie, a indiqué l’organisation patronale dans un communiqué. D'énormes entreprises françaises sont implantées en Algérie, comme TotalEnergies et plusieurs grandes banques.
Michel Bisac, le président de la chambre de commerce algéro-française - qui a quelque 2.500 entreprises adhérentes dont 400 françaises - a qualifié de «très bonne chose» cette visite, dont il espère «qu'elle sera fructueuse» et qu'on assistera à «une reprise normale de la relation économique» entre les deux pays.
une Relation fortement dégradée
Il y a un an, le Crea (Conseil du renouveau économique algérien) avait en effet annulé une visite au Medef, en réaction à l'annulation par le patron de CMA-CGM, Rodolphe Saadé, d'une rencontre avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Côté algérien, on y avait vu le signe de pressions gouvernementales françaises. Rodolphe Saadé avait finalement été reçu par Abdelmadjid Tebboune en juin.
La relation bilatérale était très fortement dégradée depuis la reconnaissance à l'été 2024 par la France d'un plan d'autonomie sous «souveraineté marocaine» pour le Sahara occidental. Dans ce territoire au statut non défini selon l'ONU, un conflit oppose depuis 50 ans le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par Alger. L'Algérie avait immédiatement retiré son ambassadeur en France.
La crise s'était ensuite aggravée avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal et après la mise en examen, en avril 2025, d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement d'un influenceur algérien, Amir DZ. L'affaire avait conduit à l'expulsion réciproque de diplomates et agents consulaires et au rappel de l'ambassadeur de France.
«Un voisin très important»
La posture intransigeante envers l'Algérie de l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau avait raidi encore le climat. La relation semble s'être détendue depuis la visite à Alger, en février, de son successeur Laurent Nuñez.
«J'aimerais que la France reprenne sa place dans sa relation avec ce voisin très important», a estimé Michel Bisac, «alors que des officiels de la plupart des pays européens rencontrent le président Tebboune», qui s'est aussi rendu en Allemagne.