Dans une lettre adressée à Sébastien Lecornu, les maires écologistes de Lyon et Bordeaux demandent l'autorisation d'expérimenter un encadrement des loyers commerciaux.
Une mesure censée dynamiser un secteur en déclin. Pour lutter contre la fermeture de nombreux petits commerces de centre-ville, notamment face à la concurrence de la vente en ligne, Grégory Doucet et Pierre Hurmic, respectivement maires écologistes de Lyon et Bordeaux, ont demandé au Premier ministre l'autorisation d'expérimenter un encadrement des loyers commerciaux.
«Le commerce de proximité traverse une crise profonde, les cessations d'activité se multiplient et la vacance commerciale progresse dans nos centres-villes, atteignant aujourd'hui des niveaux inédits», s'alarment-ils.
Les crises sociales, sanitaires et économiques successives, une consommation en mutation rapide aggravée par la concurrence féroce de la vente en ligne, avec notamment la montée en puissance des plates-formes chinoises et d'Amazon, font partie des raisons qui ont conduit à cette situation, selon les deux élus locaux.
Une expérimentation deja réclamée par Martine Aubry
Les niveaux des loyers commerciaux sont «souvent déconnectés de la réalité économique» dans les centres-villes de Lyon et Bordeaux, d'après les deux édiles. Ils citent le ministère du Commerce qui, en juillet, avait invoqué un taux moyen de vacance commerciale dans les rues marchandes de 14% en 2024, contre 6% en 2010 sur tout le territoire national.
La décision d'encadrement des loyers commerciaux relève de la souveraineté de l’État, mais les deux maires demandent au gouvernement de «faire confiance aux territoires pour expérimenter des outils innovants». Grégory Doucet et Pierre Hurmic exhortent Sébastien Lecornu à confier aux collectivités locales «de nouvelles responsabilités et compétences, notamment pour mener à bien cette expérimentation».
En août 2017, la maire socialiste de Lille, Martine Aubry, avait déjà réclamé au Premier ministre Édouard Philippe une loi d'encadrement des loyers commerciaux pour défendre les petits commerces de centre-ville, mais n'a jamais obtenu gain de cause.